jeudi, 09 avril 2009
Vendredi saint à la Réunion ou la laïcité à deux vitesses
Les filles musulmanes n'ont pas le droit de porter le voile à l'école au nom du principe de laïcité.
Cependant, les maires de Saint-Louis, Saint-Pierre et Cilaos ont offert un jour de congé à l'ensemble de leur personnel pour leur permettre de faire le chemin de croix du vendredi saint. En conséquence de quoi, toutes les écoles primaires de ces communes seront fermées demain.
Un certain nombre d'administrations (notamment la mairie de Saint-Leu) sera également fermé demain après-midi.
Faudra qu'on m'explique ce paradoxe ! N'y-a-t-il pas un problème quelque part ?
Je suis content pour les catholiques qui pourront participer à cet événement important pour leur foi, ce que je déplore c'est ce système à un poids deux mesures, cette laïcité à deux vitesses qu'on justifie par " l'héritage chrétien de la France " ou encore l'ancrage de cette pratique dans la culture réunionnaise (dixit Claude Hoarau, le mairie de Saint-Louis)...
Dans l'attente de vos commentaires.
18:42 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : laïcité
samedi, 07 juillet 2007
Justice islamophobe ?
Laîcité encore un 2 poids 2 mesures ?
Jean Baubérot se pose cette question suite à deux décisions de justice allant contre la volonté de deux mairies de faciliter la construction de lieux de culte. A Montreuil et Marseille, chacune des mairies souhaitaient favoriser la construction de mosquées par un bail emphytéotique.
Ces décisions semblent être motivées par la mention de l'article 2 qui institue le fait que la République ne salarie ou ne subventionne aucun « cultes »
Cependant à travers une analyse historique, Baubérot avance le fait que par ces décisions les tribunaux administratifs vont contre l’esprit et la pratique de la loi de séparation
Comme on le sait, cet article 2 est précédé de l’article 1 indiquant que la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice du culte. Le verbe « garantir » est fort : la République ne fait pas qu’admettre ou respecter le libre exercice du culte. Non, elle est responsable de son bon fonctionnement : ce libre exercice fait parti des « valeurs de la République », si souvent invoquées ces dernières années.
Peut-il exister une contradiction entre la garantie du libre exercice du culte et le principe de non salariat et de non subventionnement ? Si oui, qui doit l’emporter ? Ces questions se sont posées dés le débat sur l’article 2. Et la réponse donnée a été claire : Oui, il peut y avoir une contradiction ; et là c’est l’article 1 (la garantie du libre exercice) qui doit l’emporter sur l’article 2 (le non subventionnement). Autrement dit : il peut y avoir des dérogations au principe de non salariat et de non subvention s’il s’agit, non pas d’officialiser une religion mais d’assurer son libre exercice qui ne fonctionnerait pas véritablement autrement.
En effet, l’article 2 lui-même après avoir posé le principe que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » indique : « Pourront toutefois être inscrites aux dits budgets les dépenses relatives à des services d’aumôneries et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics, tels que lycées, collèges, écoles, hospices asiles et prisons ». Cette phrase finale de l’article 2 est souvent (significativement) ‘oubliée’ quand on cite cet article. Elle en fait pourtant intégralement partie.
Un air de ressemblance avec le cas de la mosquée de la possession ?
Et le Conseil Français du CULTE Musulman ? Est ce que quelqu'un a entendu une prise de position de leur part sur le sujet ?
16:45 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : laïcité, mosquée, baubérot, bail emphytéotique
samedi, 23 septembre 2006
Loi de 1905 : mauvaises questions pour un vrai problème
Ci-dessous article du blog zarabes sur la loi de 1905 publié initialement sur saphirnew.com
Non, la loi de 1905 n'a pas besoin d'un toilettage.
Oui, la construction des mosquées mérite une prise de conscience publique.
Après Stasi, Machelon[1] ...
Nicolas Sarkozy l'a dit en septembre 2005 à l'Académie des sciences morales et politiques, la loi de 1905, est "un bon texte, un texte fondateur, un texte important, un texte solide" mais malgré sa robustesse elle mériterait un " toilettage".
Pour appuyer ces déclarations il a réunit la commission Machelon : commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics qui doit analyser le problème et publier des propositions en juin 2006.
Jean Pierre Machelon est déjà sûr d'une chose : "Tous les cultes ont des motifs plus ou moins graves d'être insatisfaits du statu quo" (donc ce ne serait pas que l'islam ?) mais il ne tarde pas à poursuivre « il y a des sujets qui ne peuvent être évités, et ils ne seront pas évités » ...
Au passage on espère que l'utilisation (l'instrumentalisation) des intellectuels par Sarkozy suscitera moins d'amertumes que celle de Chirac. En effet, on entend désormais un des membres de la commission Stasi se plaindre "La loi du 15 mars n'était pas dirigée contre l'islam, s'insurge-t-il. Elle concerne tous les signes religieux, et pas seulement le foulard. C'est une loi d'émancipation !" - Le Monde du 11/12/05. Alors, Henri Pena RUIZ, volontairement naïf ou sincèrement manipulé ?
TOUS les financements étrangers ?
On nous fait donc croire que LE problème vient des financements étrangers. M Sarkozy affirmait ainsi "L'islam de France doit en effet être indépendant des puissances étrangères, quelles qu'elles soient"
Il est indéniable qu'il y a eu une participation de l'étranger et en particulier de la ligue islamique mondiale dans la construction de certaines grandes mosquées : Mantes, Evry, Lyon.
Mais on oublie trop souvent de citer le cas de la mosquée de Paris dont la construction a été financée par l'État français et que l'Algérie soutient désormais à bout de bras.
Donc il faut être clair sur la question on ne veut pas de CERTAINS financements étrangers et on ferme les yeux sur les autres.
Mais au-delà de ces petits arrangements entre amis sous couverts de grands principes on assiste à un aveuglement général sur les besoins réels.
Mosquées cathédrales...
Le problème majeur du financement se pose pour les mosquées cathédrales dont le besoin se fait sentir dans les grandes villes. A Marseille, Strasbourg, Bordeaux des projets sont effectivement en cours. Les hommes politiques (Bédier, Valls) qui se sont prononcés pour une analyse de la loi ont été confrontés à des mosquées cathédrales. Or si elles ont un caractère symbolique elles ne correspondent absolument pas au besoin de la majorité des musulmans.
... ou mosquées de proximité
L'écrasante majorité des projets correspondent en fait à des mosquées beaucoup plus petites ; il s'agit dans certains cas simplement de salles de prière décentes. Le facteur essentiel est la proximité des zones de résidences ce qui facilite grandement une fréquentation quotidienne. Plutôt qu'un grand minaret symbolique cachant le désert, la communauté a besoin de réponses rapides et pragmatiques à la réalité des caves.
Or les budgets pour ce genre de projets sont nettement moins onéreux et peuvent être sécurisés en misant sur un réseau de solidarité local voir régional. L'exemple récent de la mosquée Othmane de Villeurbanne est extrêmement révélateur. Ce projet conséquent, d'une capacité de huit cents personnes comprenant une bibliothèque et une école représentait un budget de 1 million d'euros. Or ce financement est à 100% français. L'exemple de ce projet initié 10 ans auparavant doit avant tout nous inciter à la persévérance plutôt que de succomber à une politique de la main tendue.
Pas de "barrière de verre"...
Mais le problème majeur c'est qu'une fois le financement assuré, de nombreux porteurs de projets font face à des acteurs locaux particulièrement récalcitrants voire de mauvaise foi. Certains maires font clairement valoir tous les recours en leur pouvoir pour bloquer certains projets car ils ne veulent tout simplement pas d'une mosquée visible sur leur commune.
Déjà en novembre 2000, cet aspect était clairement identifié dans le rapport du Haut Conseil à l'Intégration intitulé "Islam et République" et dirigé par Roger Fauroux :
Confrontées au premier chef aux problèmes que suscite l'enracinement de l'islam et aux réactions qu'il provoque, les collectivités locales apparaissent parfois désarmées, quand elles ne font pas preuve d'une hostilité plus ou moins affichée à laquelle les considérations électorales ne sont pas toujours étrangères. […] Pour pallier la mauvaise volonté des collectivités à délivrer des permis de construire les mosquées et salles de prière, il est parfois suggéré... - P61
C'est bien ce niveau de décision qui est généralement occulté. Au lieu de s'attaquer directement aux racines du problème, on nous promet une solution de fondation encore une fois venant d'en haut. Il serait ensuite facile de communiquer sur l'action entreprise en faveur des musulmans par une modification de la loi de 1905 obtenue de haute lutte...
... mais pas de cadeaux non plus
La construction de lieux de cultes doit donc d'abord être l'affaire des fidèles car leur responsabilité contient la garantie précieuse de leur autonomie. Les cadeaux qui sembleraient providentiels à certains n'ont jamais profité à l'émancipation d'une communauté.
Il faut oser le parallèle avec les propos de l'économiste Philippe CHALMIN (Le Monde 23/12/05). Son article intitulé « les matières premières sont une "malédiction" » évoque les déséquilibres que provoquent les rentes sur l'économie d'un pays. Et de poursuivre "les recettes en provenance des matières premières sont des facteurs de corruption ...". En matière de développement on sait déjà que la rente du pétrole est peut être la pire des choses qui soient arrivés à certains pays arabes.
Rentiers du culte ou porteurs de projets ?
Nous ne voulons ni notables, ni rentiers du culte ; image qui semble coller de plus en plus à l'action du CFCM. Nous avons besoins de pionniers qui portent des projets tout en ayant une vision à long terme pour dépasser le culte et poser dès aujourd'hui la question de notre contribution à la société française.
Même si elle est en progression, la situation du culte musulman est aujourd'hui encore déplorable. Mais c'est d'abord aux musulmans de travailler et de se battre pour se faire la place qu'ils méritent. Aucune loi ne sera là pour modifier les caricatures de plus en plus vivaces dans la société française : barbu = islamiste = terroriste potentiel. C'est une connaissance mutuelle et des actions concrètes dont les musulmans ont besoin... et dont ils sont capables.
L'Ile de la Réunion
L'histoire de la Réunion nous incite à faire preuve d'optimisme. En 2005, la communauté musulmane a en effet commémoré le centenaire de la première mosquée construite sur le sol français. Pour ces pionniers, la situation de 1905 n'était pas facile et le politique aucunement concerné. Mais ce fut avant tout une affaire d'hommes, motivés et partageant un même projet. Pourquoi serions-nous incapable de la même chose au 21ème siècle ?
Enfin, au-delà de ces explications et de la réalité du problème du culte musulman, il faut aussi rester lucide et savoir remettre ces pseudo-questions sur un vrai problème à l'aune des échéances de 2007. Certains y pensent et pas qu'en se rasant...
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Poursuivre :Le blog de Jean BEAUBEROT et la catégorie "les_quinze_impenses_de_2005" http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/>
[1] Jean-Pierre MACHELON est professeur de droit public à l'Université René Descartes-Paris 5, où il dirige le Centre Maurice Hauriou et directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études (Section des Sciences historiques et philologiques — chaire d'histoire des institutions européennes).
13:50 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : loi de 1905, laïcité, mosquée, masjid
lundi, 20 mars 2006
Résultats sondage sur le voile
Quelques conclusions qu'on peut tirer de notre sondage sur le voile (loin de toutes rigueur statistique) :
D'abord que les votants connaissaient principalement la réalité Française.
Parmi ceux qui ce sont exprimées, c'est la proposition :
Je trouve que c'est une mauvaise loi et qu'on devrait laisser le choix de porter ou pas le voile sur l'ensemble du territoire français
qui arrive largement en tête. Ce qui exprimerait simplement le fait que la liberté de conscience prime sur les interprétations qu'on a pu entendre de ce que représenterait le voile.
Pour ceux qui sont favorables à la loi on trouve une vraie différence géographique
30% des personnes favorables en métrople ; seulement 20% à la Réunion
Pour ceux qui pensent que c'est une mauvaise loi on trouve une répartition inverse
En france on préfère que
- les musulmanes devraient porter le voile sans y être contrainte
Alors qu'à la Réunion c'est plutôt
- que les musulmanes devraient toutes porter le voile
PS :
L'employée marocaine Naïma Amzil, qui avait fait l'objet de menaces, elle et son patron, à cause du port du foulard, a été élue personnalité de l'année 2005 par la rédaction du magazine néerlandophone belge «Knack» - Via Al Jinane
07:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : islam, voile, laïcité
mercredi, 10 août 2005
Loi sur le voile et hanafites
En tant que hanafite, peut-on s'opposer à la loi contre le voile à l'école si on la considère injuste ?
Selon Abu Hanifa le monde se partage en 2 catégories : les pays de l'Islam (dar al-islam) et les pays de la guerre (dar al-harb).
- Si on se considère, dans un "pays ennemi", quelle solution faut il adopter ? Probablement l'émigration vers une terre plus accueillante.
- Cependant en se fondant sur la possibilité de pratiquer sa religion sans problèmes majeurs, on peut considérer qu'on se trouve actuellement dans un "pays d'islam". On considère donc que l'on a suffisamment de libertés religieuses... Et il faut reconnaître que cette loi n'est finalement pas plus répressive que la situation actuelle de la Tunisie ou d'autres pays dits islamiques.
Quelle solution reste t-il ?
Au final, peut-on, lorsque nous sommes français depuis seulement 3 ou 4 générations, respecter une loi républicaine tout en la contestant ? Ne vaut-il pas mieux se taire pour ne pas être assimilé à des arabes, des gauchistes ou même les deux ?
Pour en savoir plus : Pays du monde : Dar ul-islam, Dar ul-harb, Dar ul-'ahd, Dar ud-da'wa ?
07:00 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Islam, Abou Hanifa, hanafite, laïcité
mardi, 25 janvier 2005
Quelle est votre position sur la loi sur les signes religieux à l'école ?
Suite à une discussion commencée chez hellojed, voici un sondage. Il nous est apparu intéressant de distinguer la métropole de la Réunion car les communautés musulmanes sont très différentes dans ces deux zones.
Si votre avis ne correspond à aucune des propositions ci-dessous, merci de nous le laisser en commentaire.
08:40 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Islam, laïcité



























