samedi, 29 août 2009
Les « nouveaux notables » de la République : entre mutation et compromission ?
NDLR : Article publié pour la première fois en 2005
En France, à coté des organisations et personnalités anciennement « notabilisées », historiquement reconnues comme étant les relais dociles des pouvoirs institutionnels français et étrangers (Dalil Boubakeur symbolisera pour longtemps ce type de personnage), émergent les « nouveaux notables musulmans » de la République. Il est difficile de les définir ; ils sont représentés par les quelques dirigeants de l'UOIF. Cette alliance, entre dirigeants de l’UOIF et Recteur de la Mosquée de Paris, sous l’œil approbateur et actif des services du Ministère de l’Intérieur, pourrait n’être que conjoncturelle. En effet, les prochaines élections du CFCM arrivent et il fallait afficher un accord consensuel sur le fameux projet de Fondation concocté dans les Bureaux de M. de Villepin Mais au-delà des manipulations politiciennes et des ambitions des uns et des autres, ce serait une erreur de voir, dans cette collaboration entre anciens et nouveaux notables une affaire de conjoncture. La raison est beaucoup plus profonde et dépasserait de loin notre simple cadre national.
Quant à la communauté musulmane, elle observe et constate. La surprise et l’incompréhension font place à la gêne : autant il était facile de dénoncer les agissements et déclarations intempestives de M. Dalil Boubakeur, fidèle relais au service des « dominants », autant il semble difficile de dénoncer les positions de ces « nouveaux notables » qui, à travers les multiples péripéties du CFCM, multiplient les « arrangements », « accords » et « compromis(sions ?) » dont on a du mal à mesurer les enjeux et conséquences.
Quand « nos frères » se notabilisent…
Tous ceux qui ont assisté à la conférence de Presse du Bourget 2005 (diffusée sur Oumma TV) ne pouvaient que se sentir mal à l’aise. Les louanges de M. Dalil Boubakeur adressées aux dirigeants de l’UOIF ressemblaient fort à l’intronisation de ces « nouveaux notables ».
Mais ces « nouveaux notables » ont la particularité d’être issus de la mouvance réformiste musulmane, mouvance dont est issue la majorité des acteurs associatifs musulmans. C’est une particularité qui rend leurs compromis(sions) lourds de conséquences pour le mouvement associatif musulman mais aussi et surtout rend difficile un débat intra communautaire serein, constructif et franc.
Un détour historique : la légitimité du mouvement réformiste musulman
On ne peut comprendre les nouvelles réalités et orientations de l’Islam de France sans un bref rappel historique du mouvement réformiste musulman. Ce mouvement, à travers ses fondateurs et organisations, jouit d’une légitimité et d’une respectabilité au sein des masses musulmanes. Personne n’oserait remettre en cause les apports incontestables de personnalités telles que Ibn Badis en Algérie, Hassan al-Banna en Égypte, Muhammad Iqbal au Pakistan ou Saïd an-Nursî en Turquie.
Durant la période coloniale, les mouvements réformistes ont activement participé à la décolonisation. Par la suite, ils furent généralement écartés de la direction des nouveaux États indépendants au profit des mouvements nationalistes, idéologiquement plus proches des anciennes puissances colonisatrices. Les nouveaux pouvoirs politiques de ces États indépendants, en rupture avec leur propre société, réussissent à conserver une mainmise sur leur pays en se plaçant sous la protection bienveillante et intéressée des puissances occidentales. Les mouvements islamiques réformistes entrent en résistance (parfois violente) contre ces régimes dictatoriaux et leurs alliés occidentaux.
La chute du mur de Berlin parachève la domination américaine qui, après l’expérience douloureuse de la Révolution iranienne, fait le choix de maintenir son soutien aux régimes dictatoriaux musulmans.
Un siècle de luttes et de résistances ont conféré à ce mouvement réformiste, à leurs organisations et à leurs dirigeants une légitimité historique et ce, pour plusieurs raisons :
1/ D’abord, ces mouvements réformistes musulmans (avec les mouvements nationalistes) ont fermement combattu le colonialisme.
2/ Ensuite, ces mouvements ont participé à la "réislamisation" des peuples musulmans tout en dénonçant la mondialisation et l'américanisation des modes de vie. Même s'ils ne se sont attachés qu'au volet culturel et religieux.
3/ Enfin, ces mouvements durant la période post-coloniale ont été les rares voix à dénoncer les dictatures arabes à la solde de l'Occident post-colonial.
Le mouvement réformiste en crise dans le monde musulman…
Aujourd’hui, le mouvement réformiste musulman vit une crise sans précédent. Quelques décennies après les indépendances, les mouvements réformistes désespèrent d’une alternative politique aux régimes en place. Certains militants d’ailleurs se désolidariseront de ces mouvements qu’ils jugent inefficaces et prôneront l’action armée. Ils seront instrumentalisés par les pouvoirs en place. D’autres proposeront de jouer « le jeu démocratique » dans des États de non droit et cela s’apparentera réellement à un jeu.
Les événements du 11 septembre 2001 serviront de prétexte pour que l’impérialisme américain puisse s’exprimer sans aucun complexe. Devant ce rapport de force plus que défavorable, les mouvements réformistes dans les pays musulmans appellent, quand cela est possible, à une coopération avec les pouvoirs politiques en place, bien qu’ils jugeaient ces derniers illégitimes, quelques dizaines d’années auparavant.
Pour certains, ces mouvements et organisations réformistes ont opéré des tournants et des revirements qui peuvent s’expliquer mais qui s'apparentent à une trahison de ses principes fondateurs, cela a induit :
d'une part l’apparition de mouvements armés dits « islamiques » qui ne se reconnaissent plus dans les idéaux réformistes et prône la violence mais sans aucun véritable projet politique. Ce sont des mouvements qui sont aujourd'hui directement ou indirectement contrôlés par les Services de sécurité d’États arabes (mais aussi occidentaux) et jouent le jeu de leurs manipulateurs. Ces mouvements sont connus, dénoncés et utilisés par la machine médiatico-politique occidentale (et ses relais dans les pays du Sud). Ces mouvements armés sont ultra minoritaires bien qu’ultra médiatisés.
d'autre part, la mutation d’un mouvement réformiste amorphe ne proposant aucune autre alternative et autre mode de résistance, en un mouvement piétiste petit bourgeois qui milite pour sa reconnaissance, mais reste peu sensible aux nouveaux enjeux de politiques nationales et internationales.
Leur programme politique : s'intégrer au jeu politicien et trouver des arrangements avec les pouvoirs en place (comme en Algérie, Jordanie, Égypte, Yémen, Koweït et… en France).
Leur programme économique : accepter, de manière fataliste, une mondialisation ultra-libérale dont, souvent, ils ne comprennent pas les mécanismes.
Leur programme social : se limiter aux développements d'institutions caritatives, humanitaires et éducatives privées. Ainsi sur la question palestinienne on mettra plus en avant la question humanitaire que la revendication politique beaucoup plus dérangeante.
… Une crise qui se prolonge dans les organisations musulmanes françaises
En France et dans le même ordre d’idée, l’UOIF mise sur la reconnaissance institutionnelle. Depuis pratiquement une décennie, elle en fait sa priorité absolue.
Aujourd’hui, on s’interroge : entre coopérations, adaptations, concessions nécessaires, compromis et compromissions, la frontière devient de moins en moins claire, de plus en plus discutable.
Cette nouvelle orientation des mouvements réformistes (conservatrice petit bourgeois), en France en particulier, nous font craindre le pire car ces mouvements et organisations jouent et jouissent d'un capital historique qui les légitiment auprès d'une certaine base militante musulmane même si leur programme (si programme il y a) aujourd'hui est loin d'être radical, résistant et anticolonialiste.
Ce serait une erreur de focaliser sur les organisations les plus médiatisées, telles que l’UOIF. Il en existe beaucoup d’autres, qui se réclament du mouvement réformiste, qu’elles soient nationales (CMF, PSM…) ou locales. Représentent-elles une véritable alternative ? Leurs oppositions à l'UOIF (sur la question du CFCM, de l’alter mondialisme ou de la loi anti-foulard) résultent-elles d’une différence de vision ? Serait-ce seulement qu’une différence de méthode ? Serait-ce un seul et même souci de reconnaissance et d’intégration : les uns axerait sa stratégie sur les institutions étatiques (à travers le CFCM) et les autres sur les structures et organisations du mouvement social ? Il est encore beaucoup trop tôt pour répondre à ces questions.
Si cela devait se vérifier dans un proche avenir, cela voudrait dire que le mouvement musulman réformiste (en France en particulier mais cela peut se vérifier dans le reste du monde musulman) n'a pas réussi (pour l'instant) à accoucher d'une véritable alternative face à la violence de l'ordre ultra-libéral (avec ses conséquences politiques, socio-économiques, culturelles, militaires et sécuritaires).
Trouver une alternative
Le mouvement réformiste musulman dans le monde en général et en France en particulier vit une crise qui pose cette question cruciale : Y a-t-il une troisième voie entre une voie violente et nihiliste et une voie conservatrice piétiste et petit bourgeois ?
L’instauration d’une autre voie serait possible, mais trois préalables seraient nécessaires :
1/ Œuvrer à une prise de conscience, des militants en particulier, de l’ampleur de la crise actuelle et de nos limites. Cela nécessite l’aménagement de véritables espaces de débats parmi les militants musulmans avec une Parole qui soit à la fois franche, sans concession mais respectueuse et sereine.
2/ Établir des fronts de Résistances communs à l’ordre libéral-sécuritaire avec ceux (musulmans ou non) qui prônent un monde plus juste. Avec nos partenaires, c’est d’abord la valeur de Justice qui nous rassemble au-delà de toutes les autres. Établir des fronts de résistance, c’est aussi accepter de défendre des causes qui ne sont peut-être pas les mieux comprises de l’opinion publique aujourd’hui, et accepter de se trouver parfois à la marge.
3/ Mettre en place et expérimenter d'autres modes de résistances non-violents. La Résistance est possible si l’on refuse les discours fatalistes devant des enjeux qui semblent nous dépasser. Les luttes du mouvement social paysan (les mouvements de désobéissances civiles contre l'utilisation des OGM en particulier) et des mouvements issus de l'immigration (les mouvements de dénonciation et de résistances du MIB ou de DiverCités) contre la double peine, en particulier) sont des exemples sur lesquels nous devons réfléchir.
Proposer une véritable alternative globale (politique, sociale et économique) est une œuvre de longue haleine qui nous concerne et qui nous dépasse à la fois. Nous devons modestement y participer.
Établir, par contre, des nouveaux modes de résistance alternatifs et originaux, cela nous concerne directement et devient une urgence première. Ceci nous permettrait d'échapper aux deux voies vers lesquelles l'ordre ultra-libéral voudrait nous réduire :
1/ La voie du désespoir : à travers des actions et réactions violentes jusqu’au-boutistes et revanchardes.
2/ La voie de l'individualisme et de l'égoïsme : à travers un conformisme social et politique et la soumission à l'ordre injuste. Cela se traduirait, de façon individuelle et communautaire, par une défense sélective de nos intérêts petit-bourgeois et communautaristes.
Deux voies qui ne sont que deux manières, conscientes ou non, de trahir.
Yamin Makri
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vendredi, 25 avril 2008
La beauté d'une femme
Petite histoire transmise par Molwi Mohamad Bhagatte
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Un petit garçon demande à sa mère :
-Pourquoi pleures-tu ?
Parce que je suis une femme,
Lui répond-elle
Je ne comprends pas,dit-il
Sa mère l'étreint et lui dit:
- Et jamais tu ne réussiras à comprendre...
Plus tard le petit garçon demanda à son père:
- Pourquoi maman pleure-t-elle?
- Je ne comprends pas! Toutes les femmes pleurent sans raison.
Ce fut tout ce que son père put lui dire.
Devenu adulte,il demanda à Dieu :
- Seigneur,pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ?
Et Dieu répondit :
"Quand j'ai fait la femme,elle devait être spéciale
J'ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde,et assez
douces pour être confortables.
Je lui ai donné la force de donner la vie,
celle d'accepter le rejet qui vient souvent des enfants.
Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer quand tout
le monde l'abandonne.
Celle de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et de la
fatigue.
Je lui ai donné la sensibilité pour aimer ses enfants d'un amour
inconditionnel,même quand ces derniers l'ont blessée durement.
Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts et
de demeurer a ses côtés sans faiblir.
Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le
besoin.
Tu vois mon fils,la beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements
qu'elle porte,ni dans son visage,ou dans la façon de se coiffer les cheveux.
La beauté d'une femme réside dans ses yeux.
C'est la porte d'entrée de son coeur - la place ou l'amour réside.
Et c'est souvent par ses larmes que tu vois passer son coeur. "
13:06 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : femme
vendredi, 18 avril 2008
1948-2008 : 60 ans depuis la Nakbah
Courrier de Farouck ISSOP
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La Nakbah, ce n’est pas juste une journée commémorée chaque année, à la date de la fondation officielle de l’état d’Israël, fondation fondée sur la spoliation des terres et des biens du peuple Palestinien*. La Nakbah, c’est avant tout des mois précédant cette date fatidique lorsque des miliciens sionistes commirent des massacres, assassinant de sang-froid des dizaines de milliers de Palestiniens dont le seul tort avait été de refuser la dépossession de leurs terres et de leurs biens*. Et la Nakbah, c’est aussi toutes les années, de mai 1948 à nos jours, durant lesquelles l’entité coloniale sioniste poursuit son crime : le déracinement de ce peuple héroïque qui refuse d’abandonner sa terre, son identité, sa lutte nationale, même lorsque les puissances internationales se liguent contre lui et que les états arabes participent à ce crime de mille et une manière : l’histoire, la géographie, le sens et la définition des mots sont réinventées : un peuple qui combat contre une occupation illégale ne peut être un peuple terroriste.
Les stéréotypes deviennent une réalité quotidienne, et on force la mémoire à oublier et à accepter les fausses réalités sur le terrain, à nier l’humanité et les valeurs qui font de nous des êtres humains. Comment avoir confiance dans les « les Droits de l’homme », « les résolutions des Nations Unies », « le droit International », pendant que tous ceux qui sont censés les défendre sont ceux la même qui les violent un peu plus chaque jour ? Mais on le sait déjà : l’intérêt économique est un formidable producteur de silence politique.
Le cœur du conflit Israélo-palestinien demeure la terre. L’Etat d’Israël, qu’on nous demande de reconnaître par la force, fut crée sur une terre qui ne lui appartient pas. Cette terre appartient aux Palestiniens. C’est pourquoi il ne peut y avoir ni concession, ni démantèlement, ni procuration du droit au retour, propriété des générations futures, individuelle et collective, tout comme le droit au retour est un droit acquis, politique, historique et légal*.
Malgré les difficultés réelles et les dangers menaçants, visant à détruire l’esprit et la volonté de cette Résistance qui anime le peuple palestinien, ce sont plutôt les forces coloniales, impériales et leurs alliés qui se retrouvent dans une impasse, n’ayant plus recours qu’à des menaces de guerre mondiale, à des assassinats, à la répression, à de grossiers mensonges, aux manipulations médiatiques, aux complots, au terrorisme, quand ce ne sont pas les massacres, armes privilégiée de tout élément exogène.
Malgré les difficultés présentes, les Palestiniens ne peuvent que regarder l’avenir avec espoir. Depuis 1948, c’est cet espoir qui leur a permis de passer d’une situation de réfugiés abandonnés dans des camps de misère à celle d’un peuple en lutte pour la libération de sa terre et pour sa liberté.
C’est cet espoir qui a permis au peuple palestinien de passer d’une situation de « minorité » écrasée dans son propre pays à celle d’un peuple menant une résistance quotidienne et héroïque contre l’institution coloniale la plus violente et la plus raciste dans le monde.
Mais c’est surtout cet immense espoir qui les anime lorsqu’ils voient les peuples et les amis sincères dans le monde porter cette cause et défendre la Résistance à leur côté.
ISSOP
*Lire à ce sujet : « Israël, Palestine : vérités sur un conflit » Alain Gresh - EDITIONS FAYARD
01:00 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nakbah, Palestine, Israël, Proche-Orient
lundi, 07 janvier 2008
Toujours avec moi !
Courrier des lecteurs de Soulaiman (Jean-Pierre) qui a habité à la Réunion il y a quelque temps et aimerait reprendre contact avec ses amis d'ici.
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Salam Alaikum !
Merci pour ce site qui m’a permis de retrouver un peu de la chaleureuse ambiance des familles musulmanes réunionnaises.
Je m’appelle Soulaiman...Je suis devenu musulman en 1996 à Miami par curiosité naturelle et goût de l’aventure !
Puis en 1998 j’ai découvert la Réunion et l’Islam profond et omniprésent qui berce la vie quotidienne de la petite communauté indienne.
Depuis et par la force du destin ma route a continué son cours sous d autres cieux.
Pourtant il n’y a pas un jour où mon coeur n’oublie ces gens formidables qui ont su m’accueillir parmi eux et me faire découvrir la grande et fraternelle noblesse de l Islam.
Apres avoir beaucoup douté et m’être parfois égaré, il m’apparaît aujourd'hui et plus que jamais, qu’aucun autre mode de vie n’est plus a même de donner à un être humain davantage d’épanouissement que l Islam!
Bien sûr, lorsque l’on traverse le monde, sa vision personnelle de l’Islam se modifie et se précise avec plus ou moins de relief en fonction des cultures et des traditions locales. Mais il reste partout un seul et même fondement ! Une brique inaltérable que ni le temps ni la distance ne peuvent briser, faite de rigueur et de morale et qui est le ciment d une grande communauté : celle des Musulmans!
Pour ceux dont j’ai croise la route dans l’Océan Indien, que se soit a St Paul, St Louis, St André ou ailleurs sur ce petit grain de sable volcanique, sachez que Soulaiman ne vous oublie pas et poursuit sa route avec au fond de lui un petit peu de chacun de vous !
Je voudrai tout particulièrement envoyer mon Salam a un homme simple et formidable de Saint Denis : Tonton Daoud Omarjee qui a tant fait pour moi !
Il serait impossible de citer toutes les personnes qui m’ont entourées et que j’aime tant, mais pas un d’entre eux n’est oublié !
J’aimerais pouvoir communiquer avec ceux qui se souviennent de moi : Soulaiman !
Je vous remercie et vous envoie toutes mes amitiés depuis les Philippines !
Soulaiman.
Ecrivez moi à : jeanpierrereibaldi@yahoo.com
12:10 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 18 décembre 2007
Violence domestique
Courrier de Nazir
Certains parmi les nôtres (les musulmans, donc) qui
portent longue barbe et robe ample ou bien qui vont
rasés et en costume 3 pièces ou dans tout autre
accoutrement d'ailleurs, et qui dans le même temps se
permettent de lever la main sur leur enfant, leur
femme (la violence domestique est hélas une chose bien
partagée) devraient divorcer puisqu'ils n'aiment ni
leur femme ni leur enfant. La violence domestique n'a
pas lieu d'être chez nous. Ni chez nous ni nulle part
ailleurs pourrait-on ajouter. Que cette violence soit
d'ailleurs dirigée vers les enfants ou vers les
parents. Il serait bon d'insister sur ce point lors de
discours - du vendredi et des autres jours -,
d'assemblées, etc...
Combien de hadices mentionnant que le prophète
battait ses femmes ? Aucun. Pourquoi ? Tout simplement
parce que le prophète n'a jamais au cours de sa vie
levé la main sur aucune de ses épouses. Sur aucun
enfant.
Alors, si vraiment il est notre modèle et si
certains ont, c'est bien compréhensible, du mal à
l'imiter dans la perfection humaine qu'il incarnait,
qu'ils prennent, au hasard, le père Pédro, feue mère
Térésa ou le dalaï-lama. Ceux-là leur apporteraient,
j'en suis certain, beaucoup plus parfois que ce modèle
inimitable qu'ils peinent à singer ou qu'ils dévoient
purement et simplement.
Car quelle estime un enfant frappé, une épouse
frappée aura-t-elle de celui qui les aura ainsi
terrorisés ? Aucune. Absolument aucune. Et ce n'est
que justice. Car qui voudra respecter celui qui était
censé le protéger, la protéger et qui se révèle être
son pire ennemi ? Quant à l'homme, quelle satisfaction
peut-il bien retirer de ses excés, si tant est qu'il y
en ait une ? Celle de la démonstration de sa force
envers de plus faibles que lui ? Piètre satisfaction
s'il en est, qui ne dure que le temps d'une (de) -
courte(s) - vie(s) gâchée(s) et sans même la garantie
d'une vie meilleure dans l'Au-Delà.
23:49 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 04 décembre 2007
Guirlandes
Courrier de Nazir
Verset 97 de la sourate al Mâida (la Table Servie)
5.97. Allah a institué la Kaaba, la Maison sacrée,
comme un lieu de rassemblement pour les gens. (Il a
institué) le mois sacré, l'offrande (d'animaux,) et
les guirlandes, afin que vous sachiez que vraiment
Allah sait tout ce qui est dans les cieux et sur la
terre; et que vraiment Allah est Omniscient .
J’ai bien lu : les guirlandes (al qalâida). Les
guirlandes… Il serait bon qu’on nous en parle un peu
plus, de ces fameuses guirlandes, dans un prochain
bayân, sur ce blog ou par n'importe quel autre canal
approprié, histoire d’en savoir un peu plus… Qui
voudra bien se lancer dans une explication de texte
(tafsîr) ou une explication tout court ?
20:57 Publié dans Courrier des lecteurs, Religion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Coran, guirlande
mardi, 09 octobre 2007
Celui qui aimait les pauvres
La Révélation affirme que l'Unique anéantit l'usure et fait fructifier les aumônes. Le commerce est permis, l'usure prohibée. A ceux qui n'y renoncent pas, Dieu et Son Envoyé (saw) annoncent ni plus ni moins qu'une déclaration de guerre.
Si, d'un côté, le Prophète (saw) exhortait les gens à éviter les dettes, de l'autre côté, il demandait aux prêteurs d'accorder un sursis à ceux qui étaient dans la gêne. Jusqu'à remettre la dette. Ils leur promettaient, en retour, d'être dans l'Ombre de l'Unique le Jour Dernier.
Banque et finance islamiques
Aujourd'hui, ce qu'on appelle la banque ou la finance islamique représente un marché global de plus d'US $ 500 milliards. Les raisons de cet intérêt nouveau sont multiples.
Parmi, il y a un facteur que nous ne pouvons ignorer. Après le 11 septembre 2001, les pétrodollars ne sont plus en sécurité dans les banques américaines. Avec l'accroissement des revenus des pétromonarchies, l'émergence de nouvelles puissances financières en Asie et l'enrichissement des populations musulmanes en Occident, il y a un déplacement de capitaux hors des États-Unis. Toutefois, à l'heure de la mondialisation de l'économie libérale, ces fonds se retrouvent vite réinjectés dans le système dominant. D'où la garantie de profits que donnent certaines banques islamiques, comme d'autres assurent des taux d'intérêts.
Or l'interdiction de l'usure, y compris les intérêts bancaires, a pour fondement en islam le fait que la richesse ne peut générer de la richesse sans travail et sans risque. Les pauvres ne deviennent pas plus pauvres parce qu'ils sont pauvres. Aujourd'hui, le service de la dette étouffe les pays les plus endettés, comme à l'échelle microéconomique, le remboursement des dettes tue les pauvres. Le résultat est que pendant la deuxième moitié du siècle dernier, le fossé entre les 20% plus riches et les 20% plus pauvres de la planète a plus que doublé. Et il continue de plus belle de grandir !
Le branding de la banque ou de la finance islamique comme une marchandise, la banalisation de l'éthique islamique qui est désormais dépourvue de sa dimension morale et spirituelle, et les multiples incompatibilités avec l'économie ultra-libérale dominante font que nous sommes plus face à un bricolage économique, au plus une tentative d'adaptation, qu'à une remise en question ou une transformation du système vers plus de justice.
Comment peut-on, ici, d'une main promouvoir la banque ou la finance islamique et de l'autre tolérer la corruption, l'exploitation des travailleurs, le blanchiment d'argent, la spéculation, la surconsommation, le gaspillage, l'appauvrissement des plus vulnérables ou encore le pillage des ressources de la planète ?
La nécessité fait loi
Les savants ont unanimement affirmé que la nécessité permet la prohibition, un consensus tiré directement de cinq endroits du Coran. Ainsi, nombreux parmi eux font de la nécessité d'un toit une exception et permettent, avec des conditions, un emprunt avec intérêt. D'autres savants de l'école hanafite avancent que, hors de ce qu'ils appellent un dar-ul-islam, une terre de l'islam, l'interdiction de l'usure n'est pas applicable sous certaines conditions.
De nombreuses questions se posent aujourd'hui. Comment ne pas déclarer la guerre à un système économique ultra-libéral fondé sur l'intérêt qui tue des centaines de milliers d'enfants chaque jour par la pauvreté qu'il engendre ? Comment faire fructifier les fonds islamiques, allant de la zakat aux revenus commerciaux clairement licites, sans compromettre les principes fondamentaux de l'islam, et l'essence même de la responsabilité musulmane vis-à-vis des pauvres ? Quelle définition donner à un dar-ul-islam quand nous savons que des millions de musulmans sont des citoyens, égaux en droit, fermement établis dans leurs pays, où ils vivent ensemble avec des concitoyens ne partageant pas la même foi ? Et, souvent, ils sont moins nombreux, et plus riches, que leurs frères vivant dans des pays "musulmans" où le système est loin d'être islamique. Et où les nécessités de base comme la nourriture, le logement, l'éducation ou même les libertés ne sont pas garanties !
Conclusion
Il est impératif que les savants du droit et de la jurisprudence islamique, l'usul-ul-fiqh, et les spécialistes des affaires mondaines se concertent avec comme objectif de définir des solutions aux défis immédiats. Et de proposer une alternative cohérente et globale, les étapes de son application, et les priorités de sa portée.
Cependant, il ne faut nullement penser que la transformation viendra d'en haut. L'exemple prophétique en est la preuve. L'histoire nous apprend que ce sont ceux d'en bas qui feront le changement.
Sous l'impulsion d'Hasan al Banna, au siècle dernier, en Égypte, des centaines d'initiatives de coopératives et d'entreprises, refusant tout intérêt bancaire, réussirent à attirer la petite épargne dans un investissement d'envergure, tout en créant des emplois, luttant contre la pauvreté et élevant le niveau de vie.
La réforme était certes socio-économique, mais l'inspiration n'était rien d'autre que les paroles de l'Envoyé (saw). Il implorait l'Unique d'augmenter son amour pour les pauvres. Invocation qu'al Banna reprenait, vivait et transmettait…
Abu Abdallah
16:01 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : économie, justice sociale, intérêts
lundi, 18 juin 2007
L'enrichissement et l'Islam
Courrier des lecteurs envoyé par Nazir
Salam,
L’argument qu’on m’oppose et selon lequel « il n’est
pas interdit de s’enrichir » (sous-entendu « en islam
») me fait sourire, à plus forte raison lorsque ce
sont des musulmans, donc, qui l’invoquent.
Cet argument dans leur bouche fait sourire lorsqu’on
se souvient historiquement à quel courant religieux
(le protestantisme) il se rattache...
Pas si grave ? Non, pas si grave. Sauf quand, à
l’appui de leur démonstration, certains convoquent
les... sources religieuses ( Coran, hadices). Or, je
n’ai pas connaissance que le Prophète ait jamais
exhorté les musulmans à s’enrichir (ou alors, qu’on me
montre les sources), ni que Dieu dans le Coran exalte
la richesse comme but à atteindre pour le croyant...
C’est ici que cela devient grave. Car on assiste alors
au dévoiement de la religion à des fins idéologiques.
Certes, on pourrait affirmer à l’inverse que Dieu n’a
jamais demandé de s’appauvrir. Et il est vrai qu’un
verset recommande au Prophète de ne pas « faire
largesse sans compter (d’être trop prodigue, ce qui ne
signifie pas qu’il faille être radin : il s’agit de
donner avec justesse, ni "trop" ni "pas assez"), sous
peine de rester lui-même sans ressources » (Wa la
tabsouthâ koullal basti... »). C’est vrai aussi. Mais
je n’ai jamais affirmé que Dieu ou le Prophète avaient
érigé la pauvreté au rang de devoir, même si,
lorsqu’on s’intéresse à la vie du Prophète, on
constatera quand même que la pauvreté était son lot...
et qu’il demandait à Dieu de le ressusciter parmi les
pauvres. Et quand bien même on relèverait que son
épouse Khadidja (RA) était une commerçante aisée, de
même que son ami et beau-père Abou Bakr (RA) et que
d’autres compagnons étaient, en effet, plus aisés
matériellement parlant que d’autres, il demeure que,
par la suite (l’époque médinoise, principalement), le
Prophète n’a pas vécu dans l’opulence : sa vie était
simple, une vie de partage, une vie de frugalité. Ici,
et j’ouvre une parenthèse, musulmans et chrétiens se
rejoignent dans une même aspiration à une vie modeste,
parmi les plus modestes, avec les plus modestes, au
service des plus modestes.
Musulmans comme chrétiens ont, dans leurs sources
respectives, des exigences communes en matière
d’utilisation de leurs biens et richesses.
Or, au vu du gaspillage érigé au rang de but suprême
aujourd’hui par cette idéologie perverse qu’est
l’ultra-libéralisme et malgré tous les efforts des
partis politiques réellement engagés dans la lutte,
des associations ou des simples citoyens, cet
enrichissement, quand il se fait sur le dos et la
sueur des autres (je distingue les exploiteurs des
personnes dont la richesse n’est pas obtenue de cette
manière éhontée) n’est pas à mon avis le signe de
l’agrément divin. Et je crains que l’embourgeoisement
que l’on constate de la part de nombreux musulmans ne
cache finalement qu’une adhésion, même si certains ont
encore du mal parfois à se l’avouer franchement, à
certaine idéologie qui se veut dans l’air du temps
mais qui, en définitive, ne peut être, ne saurait
jamais être celle de personnes se reconnaissant dans
le message de l‘Islam.
Le problème est qu’à l’heure
actuelle, les slogans tels que le désormais fameux «
travailler plus pour gagner plus » (louable quand il
est compris dans un certain sens, critiquable quand on
le prend au pied de la lettre : travailler plus, oui,
mais jusqu’à quel point ? Jusqu’à n’être plus que des
esclaves (philippins, pakistanais, etc...) comme les
aiment les pétromonarchies du Golfe ? Ou comme les
ouvriers des entreprises chinoises ? Ou tous ces
adeptes des cadences infernales dans tous les pays du
monde ? Ou les... patrons peu regardants sur le
paiement des heures sup de leurs employés ici à la
Réunion ?), ces slogans, donc, prônés par un parti et
un homme (le parti d’un homme ?) dont on sait quelles
sont ses intentions affichées, fleurissent, mieux,
sont mis à l’honneur. Le problème, pour ceux qui se
reconnaissent dans ces valeurs, c’est que ne sont pas
çà, ce ne seront jamais çà les valeurs portées par le
musulman tant soit peu cohérent avec sa religion...
Salam
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samedi, 21 avril 2007
"Tous les garçons et les filles de mon âge..."
Courrier envoyé par Nazir.
Désamour ?
Un ami me confiait récemment qu'étant gros ( ce qui est faux, il est juste un peu enveloppé, rien à voir en tous cas avec Obélix) et pauvre ( ce qui peut-être plus vrai que la première proposition), il avait bien du mal à se trouver une épouse, une compagne, un péli, bref, une femme. Je puis le rassurer (?) en lui disant que pour les minces ( voire maigres) et au cul comme moi ( oui, ça se voit moins mais ça n'en est pas moins vrai), ça n'était pas plus facile. En tous cas, c'est un fait : les filles ne semblent pas pressées de se marier. On ne peut pas les forcer, c'est sûr. Mais comme je le faisais remarquer à ma chère maman l'autre jour, comment ne pas comprendre dans ces conditions que tant de jeunes - hommes - zarabes soient tentés d'aller voir ailleurs ( où c'est plus facile, lui avais-je dit) ? Comment leur lancer la pierre, après ça, et vu que notre communauté ne semble pas si inquiète que ça de voir tant de leurs jeunes acculés au célibat forcé et prolongé ?
Nazir
Mise à jour 27 avril : Ci-dessous la version du courrier dans son intégralité tel que Nazir l'a envoyé au Quotidien.
Sus à l'infidèle !
Un ami me confiait récemment qu'étant gros ( ce qui est faux, il est juste un peu enveloppé, rien à voir en tous cas avec Obélix) et pauvre ( ce qui peut-être plus vrai que la première proposition), il avait bien du mal à se trouver une épouse, une compagne, un péli voire un pied de riz, bref, une femme. Je puis le rassurer (?) en lui disant que pour les minces ( voire maigres) et au cul comme moi ( même si ça se voit peut-être moins, ça n'en est pas moins vrai), ça n'était pas plus facile. En tous cas, c'est un fait : les filles ne se pressent pas au portillon. On ne peut pas les forcer à s'engager, c'est sûr. Mais comme je le faisais remarquer à ma chère maman l'autre jour, comment ne pas comprendre dans ces conditions que tant de jeunes - hommes - zarabes soient tentés d'aller voir ailleurs ( où c'est plus "facile", lui avais-je dit) ? Comment leur lancer la pierre après ça, vu que notre communauté ne semble pas si inquiète que ça de voir tant de leurs jeunes acculés au célibat forcé et prolongé ?
A certaines époques - celle des croisades par exemple -, on résolvait ce problème en envoyant les jeunes dans la force de l'âge combattre, mieux : conquérir. Une fois la conquête achevée, ils avaient de quoi assouvir leurs désirs jusqu'à lors réfrénés par la force des choses. Devra-t-on en revenir à cette "solution" et envoyer nos jeunes conquérir des territoires occupés par l'infidèle ? Si à l'époque, Jérusalem était l'enjeu des croisés, quel serait aujourd'hui celui des moujahidines réunionnais ?
10:00 Publié dans Courrier des lecteurs, Mariage | Lien permanent | Commentaires (107) | Envoyer cette note | Tags : mariage, nikkah
jeudi, 16 novembre 2006
Récupération ?
Il me semble plus que jamais opportun aujourd’hui, d’aborder une question qui traduit un certains nombre de malentendus, voire de divisions, pour ne pas dire de malaises. Mais avant tout, il me paraît tout aussi important de rappeler, encore et hélas, que ma démarche ne consiste nullement à vouloir justifier quoique ce soit, ou comme dirais certains, dés que le dialogue, base de tout échange constructif, ne va plus dans leur direction, à polémiquer. Encore si polémiquer était pris dans le sens de poser la controverse, de discourir, de s’exprimer, ce qui serait tout à fait légitime. Mais malheureusement, dans la plupart des cas, il est plutôt utilisé dans l’idée de chercher querelle. Le plus étrange, c’est que ce sont ceux là mêmes qui la provoque, crient à la polémique quand on y répond. Toute réponse née d’un questionnement ou d’un échange, aussi infime soit-elle, du moment où elle pose la controverse, devient alors polémiqueuse. Etrange paradoxe.
Comme je l’ai mentionné plus haut, la question qui nous intéresse ici et qui est à l’origine de bons nombres de malaises, est la question de la fausse idée dite récupération. Concrètement, que signifie ce mot ? D’après la définition que donne le dictionnaire, récupérer serait synonyme de regagner, retrouver. En allant un peu plus loin dans l’analyse, en tout cas en ce qui nous concerne ici, c'est-à-dire l’idéologie qui s’y imprègne, son sens s’apparente beaucoup plus à dérober. Plus précisément, ce serait donc détourner à son profit. Récupérer serait donc détourner à son profit une action. A la question de savoir l’objet de la récupération, les discours se brouillent, s’embrouillent pour finir par se perdre dans des considérations qui n’ont pas leur place ici.
Soyons clair, dans l’univers du musulman, cette attitude primitive, ce réflexe conditionné et primaire, ne trouve aucune forme d’expression fondée et structurée, et ne correspond absolument à aucune source de référence. En effet, dans la tradition musulmane, la première faculté qui va lire l’action proprement dite, puis éclairer la raison pour lui permettre ainsi de porter témoignage de ses multiples facettes d’expression dans le monde des formes, est bien l’étincelle de lumière divine inscrite dans les cœurs. Le cœur précède donc la raison, la complète et l’actualise. Plus concrètement, et pour utiliser une notion coranique, le cœur va lui insuffler une forme en l’imbibant de lumière, la purifiant par la même, puis en la projetant dans le monde sensible : on retrouve ici tout le symbolisme du jeu d’ombres et de lumières dans la tradition bouddhiste. « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles, ce sont les cœurs qui dorment au fond des poitrines ». (Coran)
Dans la tradition musulmane, le Prophète Mohammad (paix et bénédiction sur lui) a judicieusement mis en évidence que Les actions ne valent que par les intentions. Il y a donc en Islam un devoir de conscience premier : la purification de son intention. Devant Dieu, c’est le fondement éthique de la validité de toute action porteuse du bien et par conséquent d’un sens moral qui n’exclut pas la Transcendance. C’est déjà une véritable révolution dans la pensée humaine, de dire qu’en Islam, que l’action ne vaut que par son intention. Je n’irais pas plus loin dans cette analyse, mais je voulais mettre en évidence l’idée du rapport entre cœur et raison, intention et action, que l’on ne peut ignorer dans la tradition musulmane et donc de ce fait antinomique avec la notion dite récupération si souvent utilisée et devenue à la mode aujourd’hui.
C’est au plus fort des ténèbres que jaillit la lumière. Dans cet environnement de globalisation, de standardisation, d’instantanéité de l’information, le paradoxe est roi, et donc par conséquent, Dieu n’a peut-être jamais été aussi immanent. Il serait grand temps pour que le musulman réapprenne à situer son univers à partir de ses vraies intentions, celles procédant du cœur.
A toutes celles et à tous ceux qui d’une manière générale usent invariablement du concept dit récupération, il serait bon alors de rappeler cette leçon d’humilité, dépoussiérée de toute pesanteur terrestre :
« Dis : ma prière, mes actes d’adorations, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu Seigneur des mondes ». (Coran)
07:00 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Islam



























