vendredi, 25 avril 2008
La beauté d'une femme
Petite histoire transmise par Molwi Mohamad Bhagatte
---------------
Un petit garçon demande à sa mère :
-Pourquoi pleures-tu ?
Parce que je suis une femme,
Lui répond-elle
Je ne comprends pas,dit-il
Sa mère l'étreint et lui dit:
- Et jamais tu ne réussiras à comprendre...
Plus tard le petit garçon demanda à son père:
- Pourquoi maman pleure-t-elle?
- Je ne comprends pas! Toutes les femmes pleurent sans raison.
Ce fut tout ce que son père put lui dire.
Devenu adulte,il demanda à Dieu :
- Seigneur,pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ?
Et Dieu répondit :
"Quand j'ai fait la femme,elle devait être spéciale
J'ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde,et assez
douces pour être confortables.
Je lui ai donné la force de donner la vie,
celle d'accepter le rejet qui vient souvent des enfants.
Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer quand tout
le monde l'abandonne.
Celle de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et de la
fatigue.
Je lui ai donné la sensibilité pour aimer ses enfants d'un amour
inconditionnel,même quand ces derniers l'ont blessée durement.
Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts et
de demeurer a ses côtés sans faiblir.
Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le
besoin.
Tu vois mon fils,la beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements
qu'elle porte,ni dans son visage,ou dans la façon de se coiffer les cheveux.
La beauté d'une femme réside dans ses yeux.
C'est la porte d'entrée de son coeur - la place ou l'amour réside.
Et c'est souvent par ses larmes que tu vois passer son coeur. "
13:06 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : femme
vendredi, 18 avril 2008
1948-2008 : 60 ans depuis la Nakbah
Courrier de Farouck ISSOP
----------------------------
La Nakbah, ce n’est pas juste une journée commémorée chaque année, à la date de la fondation officielle de l’état d’Israël, fondation fondée sur la spoliation des terres et des biens du peuple Palestinien*. La Nakbah, c’est avant tout des mois précédant cette date fatidique lorsque des miliciens sionistes commirent des massacres, assassinant de sang-froid des dizaines de milliers de Palestiniens dont le seul tort avait été de refuser la dépossession de leurs terres et de leurs biens*. Et la Nakbah, c’est aussi toutes les années, de mai 1948 à nos jours, durant lesquelles l’entité coloniale sioniste poursuit son crime : le déracinement de ce peuple héroïque qui refuse d’abandonner sa terre, son identité, sa lutte nationale, même lorsque les puissances internationales se liguent contre lui et que les états arabes participent à ce crime de mille et une manière : l’histoire, la géographie, le sens et la définition des mots sont réinventées : un peuple qui combat contre une occupation illégale ne peut être un peuple terroriste.
Les stéréotypes deviennent une réalité quotidienne, et on force la mémoire à oublier et à accepter les fausses réalités sur le terrain, à nier l’humanité et les valeurs qui font de nous des êtres humains. Comment avoir confiance dans les « les Droits de l’homme », « les résolutions des Nations Unies », « le droit International », pendant que tous ceux qui sont censés les défendre sont ceux la même qui les violent un peu plus chaque jour ? Mais on le sait déjà : l’intérêt économique est un formidable producteur de silence politique.
Le cœur du conflit Israélo-palestinien demeure la terre. L’Etat d’Israël, qu’on nous demande de reconnaître par la force, fut crée sur une terre qui ne lui appartient pas. Cette terre appartient aux Palestiniens. C’est pourquoi il ne peut y avoir ni concession, ni démantèlement, ni procuration du droit au retour, propriété des générations futures, individuelle et collective, tout comme le droit au retour est un droit acquis, politique, historique et légal*.
Malgré les difficultés réelles et les dangers menaçants, visant à détruire l’esprit et la volonté de cette Résistance qui anime le peuple palestinien, ce sont plutôt les forces coloniales, impériales et leurs alliés qui se retrouvent dans une impasse, n’ayant plus recours qu’à des menaces de guerre mondiale, à des assassinats, à la répression, à de grossiers mensonges, aux manipulations médiatiques, aux complots, au terrorisme, quand ce ne sont pas les massacres, armes privilégiée de tout élément exogène.
Malgré les difficultés présentes, les Palestiniens ne peuvent que regarder l’avenir avec espoir. Depuis 1948, c’est cet espoir qui leur a permis de passer d’une situation de réfugiés abandonnés dans des camps de misère à celle d’un peuple en lutte pour la libération de sa terre et pour sa liberté.
C’est cet espoir qui a permis au peuple palestinien de passer d’une situation de « minorité » écrasée dans son propre pays à celle d’un peuple menant une résistance quotidienne et héroïque contre l’institution coloniale la plus violente et la plus raciste dans le monde.
Mais c’est surtout cet immense espoir qui les anime lorsqu’ils voient les peuples et les amis sincères dans le monde porter cette cause et défendre la Résistance à leur côté.
ISSOP
*Lire à ce sujet : « Israël, Palestine : vérités sur un conflit » Alain Gresh - EDITIONS FAYARD
01:00 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Nakbah, Palestine, Israël, Proche-Orient
lundi, 07 janvier 2008
Toujours avec moi !
Courrier des lecteurs de Soulaiman (Jean-Pierre) qui a habité à la Réunion il y a quelque temps et aimerait reprendre contact avec ses amis d'ici.
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Salam Alaikum !
Merci pour ce site qui m’a permis de retrouver un peu de la chaleureuse ambiance des familles musulmanes réunionnaises.
Je m’appelle Soulaiman...Je suis devenu musulman en 1996 à Miami par curiosité naturelle et goût de l’aventure !
Puis en 1998 j’ai découvert la Réunion et l’Islam profond et omniprésent qui berce la vie quotidienne de la petite communauté indienne.
Depuis et par la force du destin ma route a continué son cours sous d autres cieux.
Pourtant il n’y a pas un jour où mon coeur n’oublie ces gens formidables qui ont su m’accueillir parmi eux et me faire découvrir la grande et fraternelle noblesse de l Islam.
Apres avoir beaucoup douté et m’être parfois égaré, il m’apparaît aujourd'hui et plus que jamais, qu’aucun autre mode de vie n’est plus a même de donner à un être humain davantage d’épanouissement que l Islam!
Bien sûr, lorsque l’on traverse le monde, sa vision personnelle de l’Islam se modifie et se précise avec plus ou moins de relief en fonction des cultures et des traditions locales. Mais il reste partout un seul et même fondement ! Une brique inaltérable que ni le temps ni la distance ne peuvent briser, faite de rigueur et de morale et qui est le ciment d une grande communauté : celle des Musulmans!
Pour ceux dont j’ai croise la route dans l’Océan Indien, que se soit a St Paul, St Louis, St André ou ailleurs sur ce petit grain de sable volcanique, sachez que Soulaiman ne vous oublie pas et poursuit sa route avec au fond de lui un petit peu de chacun de vous !
Je voudrai tout particulièrement envoyer mon Salam a un homme simple et formidable de Saint Denis : Tonton Daoud Omarjee qui a tant fait pour moi !
Il serait impossible de citer toutes les personnes qui m’ont entourées et que j’aime tant, mais pas un d’entre eux n’est oublié !
J’aimerais pouvoir communiquer avec ceux qui se souviennent de moi : Soulaiman !
Je vous remercie et vous envoie toutes mes amitiés depuis les Philippines !
Soulaiman.
Ecrivez moi à : jeanpierrereibaldi@yahoo.com
12:10 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 18 décembre 2007
Violence domestique
Courrier de Nazir
Certains parmi les nôtres (les musulmans, donc) qui
portent longue barbe et robe ample ou bien qui vont
rasés et en costume 3 pièces ou dans tout autre
accoutrement d'ailleurs, et qui dans le même temps se
permettent de lever la main sur leur enfant, leur
femme (la violence domestique est hélas une chose bien
partagée) devraient divorcer puisqu'ils n'aiment ni
leur femme ni leur enfant. La violence domestique n'a
pas lieu d'être chez nous. Ni chez nous ni nulle part
ailleurs pourrait-on ajouter. Que cette violence soit
d'ailleurs dirigée vers les enfants ou vers les
parents. Il serait bon d'insister sur ce point lors de
discours - du vendredi et des autres jours -,
d'assemblées, etc...
Combien de hadices mentionnant que le prophète
battait ses femmes ? Aucun. Pourquoi ? Tout simplement
parce que le prophète n'a jamais au cours de sa vie
levé la main sur aucune de ses épouses. Sur aucun
enfant.
Alors, si vraiment il est notre modèle et si
certains ont, c'est bien compréhensible, du mal à
l'imiter dans la perfection humaine qu'il incarnait,
qu'ils prennent, au hasard, le père Pédro, feue mère
Térésa ou le dalaï-lama. Ceux-là leur apporteraient,
j'en suis certain, beaucoup plus parfois que ce modèle
inimitable qu'ils peinent à singer ou qu'ils dévoient
purement et simplement.
Car quelle estime un enfant frappé, une épouse
frappée aura-t-elle de celui qui les aura ainsi
terrorisés ? Aucune. Absolument aucune. Et ce n'est
que justice. Car qui voudra respecter celui qui était
censé le protéger, la protéger et qui se révèle être
son pire ennemi ? Quant à l'homme, quelle satisfaction
peut-il bien retirer de ses excés, si tant est qu'il y
en ait une ? Celle de la démonstration de sa force
envers de plus faibles que lui ? Piètre satisfaction
s'il en est, qui ne dure que le temps d'une (de) -
courte(s) - vie(s) gâchée(s) et sans même la garantie
d'une vie meilleure dans l'Au-Delà.
23:49 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 04 décembre 2007
Guirlandes
Courrier de Nazir
Verset 97 de la sourate al Mâida (la Table Servie)
5.97. Allah a institué la Kaaba, la Maison sacrée,
comme un lieu de rassemblement pour les gens. (Il a
institué) le mois sacré, l'offrande (d'animaux,) et
les guirlandes, afin que vous sachiez que vraiment
Allah sait tout ce qui est dans les cieux et sur la
terre; et que vraiment Allah est Omniscient .
J’ai bien lu : les guirlandes (al qalâida). Les
guirlandes… Il serait bon qu’on nous en parle un peu
plus, de ces fameuses guirlandes, dans un prochain
bayân, sur ce blog ou par n'importe quel autre canal
approprié, histoire d’en savoir un peu plus… Qui
voudra bien se lancer dans une explication de texte
(tafsîr) ou une explication tout court ?
20:57 Publié dans Courrier des lecteurs, Religion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Coran, guirlande
mardi, 09 octobre 2007
Celui qui aimait les pauvres
La Révélation affirme que l'Unique anéantit l'usure et fait fructifier les aumônes. Le commerce est permis, l'usure prohibée. A ceux qui n'y renoncent pas, Dieu et Son Envoyé (saw) annoncent ni plus ni moins qu'une déclaration de guerre.
Si, d'un côté, le Prophète (saw) exhortait les gens à éviter les dettes, de l'autre côté, il demandait aux prêteurs d'accorder un sursis à ceux qui étaient dans la gêne. Jusqu'à remettre la dette. Ils leur promettaient, en retour, d'être dans l'Ombre de l'Unique le Jour Dernier.
Banque et finance islamiques
Aujourd'hui, ce qu'on appelle la banque ou la finance islamique représente un marché global de plus d'US $ 500 milliards. Les raisons de cet intérêt nouveau sont multiples.
Parmi, il y a un facteur que nous ne pouvons ignorer. Après le 11 septembre 2001, les pétrodollars ne sont plus en sécurité dans les banques américaines. Avec l'accroissement des revenus des pétromonarchies, l'émergence de nouvelles puissances financières en Asie et l'enrichissement des populations musulmanes en Occident, il y a un déplacement de capitaux hors des États-Unis. Toutefois, à l'heure de la mondialisation de l'économie libérale, ces fonds se retrouvent vite réinjectés dans le système dominant. D'où la garantie de profits que donnent certaines banques islamiques, comme d'autres assurent des taux d'intérêts.
Or l'interdiction de l'usure, y compris les intérêts bancaires, a pour fondement en islam le fait que la richesse ne peut générer de la richesse sans travail et sans risque. Les pauvres ne deviennent pas plus pauvres parce qu'ils sont pauvres. Aujourd'hui, le service de la dette étouffe les pays les plus endettés, comme à l'échelle microéconomique, le remboursement des dettes tue les pauvres. Le résultat est que pendant la deuxième moitié du siècle dernier, le fossé entre les 20% plus riches et les 20% plus pauvres de la planète a plus que doublé. Et il continue de plus belle de grandir !
Le branding de la banque ou de la finance islamique comme une marchandise, la banalisation de l'éthique islamique qui est désormais dépourvue de sa dimension morale et spirituelle, et les multiples incompatibilités avec l'économie ultra-libérale dominante font que nous sommes plus face à un bricolage économique, au plus une tentative d'adaptation, qu'à une remise en question ou une transformation du système vers plus de justice.
Comment peut-on, ici, d'une main promouvoir la banque ou la finance islamique et de l'autre tolérer la corruption, l'exploitation des travailleurs, le blanchiment d'argent, la spéculation, la surconsommation, le gaspillage, l'appauvrissement des plus vulnérables ou encore le pillage des ressources de la planète ?
La nécessité fait loi
Les savants ont unanimement affirmé que la nécessité permet la prohibition, un consensus tiré directement de cinq endroits du Coran. Ainsi, nombreux parmi eux font de la nécessité d'un toit une exception et permettent, avec des conditions, un emprunt avec intérêt. D'autres savants de l'école hanafite avancent que, hors de ce qu'ils appellent un dar-ul-islam, une terre de l'islam, l'interdiction de l'usure n'est pas applicable sous certaines conditions.
De nombreuses questions se posent aujourd'hui. Comment ne pas déclarer la guerre à un système économique ultra-libéral fondé sur l'intérêt qui tue des centaines de milliers d'enfants chaque jour par la pauvreté qu'il engendre ? Comment faire fructifier les fonds islamiques, allant de la zakat aux revenus commerciaux clairement licites, sans compromettre les principes fondamentaux de l'islam, et l'essence même de la responsabilité musulmane vis-à-vis des pauvres ? Quelle définition donner à un dar-ul-islam quand nous savons que des millions de musulmans sont des citoyens, égaux en droit, fermement établis dans leurs pays, où ils vivent ensemble avec des concitoyens ne partageant pas la même foi ? Et, souvent, ils sont moins nombreux, et plus riches, que leurs frères vivant dans des pays "musulmans" où le système est loin d'être islamique. Et où les nécessités de base comme la nourriture, le logement, l'éducation ou même les libertés ne sont pas garanties !
Conclusion
Il est impératif que les savants du droit et de la jurisprudence islamique, l'usul-ul-fiqh, et les spécialistes des affaires mondaines se concertent avec comme objectif de définir des solutions aux défis immédiats. Et de proposer une alternative cohérente et globale, les étapes de son application, et les priorités de sa portée.
Cependant, il ne faut nullement penser que la transformation viendra d'en haut. L'exemple prophétique en est la preuve. L'histoire nous apprend que ce sont ceux d'en bas qui feront le changement.
Sous l'impulsion d'Hasan al Banna, au siècle dernier, en Égypte, des centaines d'initiatives de coopératives et d'entreprises, refusant tout intérêt bancaire, réussirent à attirer la petite épargne dans un investissement d'envergure, tout en créant des emplois, luttant contre la pauvreté et élevant le niveau de vie.
La réforme était certes socio-économique, mais l'inspiration n'était rien d'autre que les paroles de l'Envoyé (saw). Il implorait l'Unique d'augmenter son amour pour les pauvres. Invocation qu'al Banna reprenait, vivait et transmettait…
Abu Abdallah
16:01 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : économie, justice sociale, intérêts
lundi, 18 juin 2007
L'enrichissement et l'Islam
Courrier des lecteurs envoyé par Nazir
Salam,
L’argument qu’on m’oppose et selon lequel « il n’est
pas interdit de s’enrichir » (sous-entendu « en islam
») me fait sourire, à plus forte raison lorsque ce
sont des musulmans, donc, qui l’invoquent.
Cet argument dans leur bouche fait sourire lorsqu’on
se souvient historiquement à quel courant religieux
(le protestantisme) il se rattache...
Pas si grave ? Non, pas si grave. Sauf quand, à
l’appui de leur démonstration, certains convoquent
les... sources religieuses ( Coran, hadices). Or, je
n’ai pas connaissance que le Prophète ait jamais
exhorté les musulmans à s’enrichir (ou alors, qu’on me
montre les sources), ni que Dieu dans le Coran exalte
la richesse comme but à atteindre pour le croyant...
C’est ici que cela devient grave. Car on assiste alors
au dévoiement de la religion à des fins idéologiques.
Certes, on pourrait affirmer à l’inverse que Dieu n’a
jamais demandé de s’appauvrir. Et il est vrai qu’un
verset recommande au Prophète de ne pas « faire
largesse sans compter (d’être trop prodigue, ce qui ne
signifie pas qu’il faille être radin : il s’agit de
donner avec justesse, ni "trop" ni "pas assez"), sous
peine de rester lui-même sans ressources » (Wa la
tabsouthâ koullal basti... »). C’est vrai aussi. Mais
je n’ai jamais affirmé que Dieu ou le Prophète avaient
érigé la pauvreté au rang de devoir, même si,
lorsqu’on s’intéresse à la vie du Prophète, on
constatera quand même que la pauvreté était son lot...
et qu’il demandait à Dieu de le ressusciter parmi les
pauvres. Et quand bien même on relèverait que son
épouse Khadidja (RA) était une commerçante aisée, de
même que son ami et beau-père Abou Bakr (RA) et que
d’autres compagnons étaient, en effet, plus aisés
matériellement parlant que d’autres, il demeure que,
par la suite (l’époque médinoise, principalement), le
Prophète n’a pas vécu dans l’opulence : sa vie était
simple, une vie de partage, une vie de frugalité. Ici,
et j’ouvre une parenthèse, musulmans et chrétiens se
rejoignent dans une même aspiration à une vie modeste,
parmi les plus modestes, avec les plus modestes, au
service des plus modestes.
Musulmans comme chrétiens ont, dans leurs sources
respectives, des exigences communes en matière
d’utilisation de leurs biens et richesses.
Or, au vu du gaspillage érigé au rang de but suprême
aujourd’hui par cette idéologie perverse qu’est
l’ultra-libéralisme et malgré tous les efforts des
partis politiques réellement engagés dans la lutte,
des associations ou des simples citoyens, cet
enrichissement, quand il se fait sur le dos et la
sueur des autres (je distingue les exploiteurs des
personnes dont la richesse n’est pas obtenue de cette
manière éhontée) n’est pas à mon avis le signe de
l’agrément divin. Et je crains que l’embourgeoisement
que l’on constate de la part de nombreux musulmans ne
cache finalement qu’une adhésion, même si certains ont
encore du mal parfois à se l’avouer franchement, à
certaine idéologie qui se veut dans l’air du temps
mais qui, en définitive, ne peut être, ne saurait
jamais être celle de personnes se reconnaissant dans
le message de l‘Islam.
Le problème est qu’à l’heure
actuelle, les slogans tels que le désormais fameux «
travailler plus pour gagner plus » (louable quand il
est compris dans un certain sens, critiquable quand on
le prend au pied de la lettre : travailler plus, oui,
mais jusqu’à quel point ? Jusqu’à n’être plus que des
esclaves (philippins, pakistanais, etc...) comme les
aiment les pétromonarchies du Golfe ? Ou comme les
ouvriers des entreprises chinoises ? Ou tous ces
adeptes des cadences infernales dans tous les pays du
monde ? Ou les... patrons peu regardants sur le
paiement des heures sup de leurs employés ici à la
Réunion ?), ces slogans, donc, prônés par un parti et
un homme (le parti d’un homme ?) dont on sait quelles
sont ses intentions affichées, fleurissent, mieux,
sont mis à l’honneur. Le problème, pour ceux qui se
reconnaissent dans ces valeurs, c’est que ne sont pas
çà, ce ne seront jamais çà les valeurs portées par le
musulman tant soit peu cohérent avec sa religion...
Salam
00:05 Publié dans Courrier des lecteurs, Religion | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Islam, Mohammad
samedi, 21 avril 2007
"Tous les garçons et les filles de mon âge..."
Courrier envoyé par Nazir.
Désamour ?
Un ami me confiait récemment qu'étant gros ( ce qui est faux, il est juste un peu enveloppé, rien à voir en tous cas avec Obélix) et pauvre ( ce qui peut-être plus vrai que la première proposition), il avait bien du mal à se trouver une épouse, une compagne, un péli, bref, une femme. Je puis le rassurer (?) en lui disant que pour les minces ( voire maigres) et au cul comme moi ( oui, ça se voit moins mais ça n'en est pas moins vrai), ça n'était pas plus facile. En tous cas, c'est un fait : les filles ne semblent pas pressées de se marier. On ne peut pas les forcer, c'est sûr. Mais comme je le faisais remarquer à ma chère maman l'autre jour, comment ne pas comprendre dans ces conditions que tant de jeunes - hommes - zarabes soient tentés d'aller voir ailleurs ( où c'est plus facile, lui avais-je dit) ? Comment leur lancer la pierre, après ça, et vu que notre communauté ne semble pas si inquiète que ça de voir tant de leurs jeunes acculés au célibat forcé et prolongé ?
Nazir
Mise à jour 27 avril : Ci-dessous la version du courrier dans son intégralité tel que Nazir l'a envoyé au Quotidien.
Sus à l'infidèle !
Un ami me confiait récemment qu'étant gros ( ce qui est faux, il est juste un peu enveloppé, rien à voir en tous cas avec Obélix) et pauvre ( ce qui peut-être plus vrai que la première proposition), il avait bien du mal à se trouver une épouse, une compagne, un péli voire un pied de riz, bref, une femme. Je puis le rassurer (?) en lui disant que pour les minces ( voire maigres) et au cul comme moi ( même si ça se voit peut-être moins, ça n'en est pas moins vrai), ça n'était pas plus facile. En tous cas, c'est un fait : les filles ne se pressent pas au portillon. On ne peut pas les forcer à s'engager, c'est sûr. Mais comme je le faisais remarquer à ma chère maman l'autre jour, comment ne pas comprendre dans ces conditions que tant de jeunes - hommes - zarabes soient tentés d'aller voir ailleurs ( où c'est plus "facile", lui avais-je dit) ? Comment leur lancer la pierre après ça, vu que notre communauté ne semble pas si inquiète que ça de voir tant de leurs jeunes acculés au célibat forcé et prolongé ?
A certaines époques - celle des croisades par exemple -, on résolvait ce problème en envoyant les jeunes dans la force de l'âge combattre, mieux : conquérir. Une fois la conquête achevée, ils avaient de quoi assouvir leurs désirs jusqu'à lors réfrénés par la force des choses. Devra-t-on en revenir à cette "solution" et envoyer nos jeunes conquérir des territoires occupés par l'infidèle ? Si à l'époque, Jérusalem était l'enjeu des croisés, quel serait aujourd'hui celui des moujahidines réunionnais ?
10:00 Publié dans Courrier des lecteurs, Mariage | Lien permanent | Commentaires (107) | Envoyer cette note | Tags : mariage, nikkah
jeudi, 16 novembre 2006
Récupération ?
Il me semble plus que jamais opportun aujourd’hui, d’aborder une question qui traduit un certains nombre de malentendus, voire de divisions, pour ne pas dire de malaises. Mais avant tout, il me paraît tout aussi important de rappeler, encore et hélas, que ma démarche ne consiste nullement à vouloir justifier quoique ce soit, ou comme dirais certains, dés que le dialogue, base de tout échange constructif, ne va plus dans leur direction, à polémiquer. Encore si polémiquer était pris dans le sens de poser la controverse, de discourir, de s’exprimer, ce qui serait tout à fait légitime. Mais malheureusement, dans la plupart des cas, il est plutôt utilisé dans l’idée de chercher querelle. Le plus étrange, c’est que ce sont ceux là mêmes qui la provoque, crient à la polémique quand on y répond. Toute réponse née d’un questionnement ou d’un échange, aussi infime soit-elle, du moment où elle pose la controverse, devient alors polémiqueuse. Etrange paradoxe.
Comme je l’ai mentionné plus haut, la question qui nous intéresse ici et qui est à l’origine de bons nombres de malaises, est la question de la fausse idée dite récupération. Concrètement, que signifie ce mot ? D’après la définition que donne le dictionnaire, récupérer serait synonyme de regagner, retrouver. En allant un peu plus loin dans l’analyse, en tout cas en ce qui nous concerne ici, c'est-à-dire l’idéologie qui s’y imprègne, son sens s’apparente beaucoup plus à dérober. Plus précisément, ce serait donc détourner à son profit. Récupérer serait donc détourner à son profit une action. A la question de savoir l’objet de la récupération, les discours se brouillent, s’embrouillent pour finir par se perdre dans des considérations qui n’ont pas leur place ici.
Soyons clair, dans l’univers du musulman, cette attitude primitive, ce réflexe conditionné et primaire, ne trouve aucune forme d’expression fondée et structurée, et ne correspond absolument à aucune source de référence. En effet, dans la tradition musulmane, la première faculté qui va lire l’action proprement dite, puis éclairer la raison pour lui permettre ainsi de porter témoignage de ses multiples facettes d’expression dans le monde des formes, est bien l’étincelle de lumière divine inscrite dans les cœurs. Le cœur précède donc la raison, la complète et l’actualise. Plus concrètement, et pour utiliser une notion coranique, le cœur va lui insuffler une forme en l’imbibant de lumière, la purifiant par la même, puis en la projetant dans le monde sensible : on retrouve ici tout le symbolisme du jeu d’ombres et de lumières dans la tradition bouddhiste. « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles, ce sont les cœurs qui dorment au fond des poitrines ». (Coran)
Dans la tradition musulmane, le Prophète Mohammad (paix et bénédiction sur lui) a judicieusement mis en évidence que Les actions ne valent que par les intentions. Il y a donc en Islam un devoir de conscience premier : la purification de son intention. Devant Dieu, c’est le fondement éthique de la validité de toute action porteuse du bien et par conséquent d’un sens moral qui n’exclut pas la Transcendance. C’est déjà une véritable révolution dans la pensée humaine, de dire qu’en Islam, que l’action ne vaut que par son intention. Je n’irais pas plus loin dans cette analyse, mais je voulais mettre en évidence l’idée du rapport entre cœur et raison, intention et action, que l’on ne peut ignorer dans la tradition musulmane et donc de ce fait antinomique avec la notion dite récupération si souvent utilisée et devenue à la mode aujourd’hui.
C’est au plus fort des ténèbres que jaillit la lumière. Dans cet environnement de globalisation, de standardisation, d’instantanéité de l’information, le paradoxe est roi, et donc par conséquent, Dieu n’a peut-être jamais été aussi immanent. Il serait grand temps pour que le musulman réapprenne à situer son univers à partir de ses vraies intentions, celles procédant du cœur.
A toutes celles et à tous ceux qui d’une manière générale usent invariablement du concept dit récupération, il serait bon alors de rappeler cette leçon d’humilité, dépoussiérée de toute pesanteur terrestre :
« Dis : ma prière, mes actes d’adorations, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu Seigneur des mondes ». (Coran)
07:00 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Islam
samedi, 07 octobre 2006
L'Islam sous son vrai visage
Qu’ils sont heureux et courageux, ceux de mes frères en Islam appelés Houffazs (mémorisateurs du Coran), qui, chaque soir du Ramadan venu, s’adonnent à la psalmodie de la " Parole Incréée " et de ses versets magnifiques qui font toute la beauté du Coran.
Qu’il est plaisant de les entendre glorifier ainsi notre Créateur et de mettre entre parenthèses, un mois durant, leurs vies afin de nous réveiller à propos de la prééminence des préceptes coraniques et de leur sagesse sur les simples tribulations de notre existence éphémère.
Pris dans nos banalités, ils nous offrent par là même, au-delà de l’accomplissement obligatoire d’un rite, une occasion unique de plonger au cœur de ce qui doit être l’essentiel de la vie d’un musulman, à savoir le développement de sa proximité avec son Seigneur Allah. Ce faisant, ils bercent nos ouïes pendant que nos cœurs s’imprègnent de ce bain spirituel qui nous fait tant défaut et dont on a pourtant tant besoin comme d’une aide salvatrice.
Que cette radio des îles (R.I.L pour ne pas la citer) soit également remerciée pour sa généreuse initiative de mettre à la portée de nos mères et sœurs restées au foyer d’écouter religieusement cet instant de vive émotion vécu par les pèlerins des Lieux Saints de la Mecque.
Cette place ainsi faite sur nos ondes locales à l’Islam, dans le contexte délicat que nous connaissons, témoigne de l’intérêt de leurs promoteurs à ne pas vouloir l’enfermer dans l’étau du communautarisme et de lui offrir un autre visage que celui dont il est otage depuis les tristes attentats du 11 Septembre 2001.
En tant que musulman, attaché tout autant aux valeurs religieuses englobant celles de l’humanisme et en définitive aux lois qui gouvernent notre existence, je ne peux que condamner avec force et vigueur ce drame qui a plongé des milliers de familles dans l’effroi, la peur et le désarroi infini.
De même qu’il m’appartient en tant que citoyen du Monde, de m’interdire d’édifier une échelle des valeurs dans les actes humains condamnables et à ce titre de déplorer avec la même détermination, la pratique des gouvernants et des dirigeants de certains pays d’Afrique et d’ailleurs, qui n’hésitent pas à pactiser avec de grands Etats à la " parure démocratique et civilisatrice ", en offrant leurs ressources humaines, minières et géologiques, et, au prix du sang de leurs frères aux multinationales restées dans cette expectative. Dans ces tragédies qui se jouent au quotidien, où l’on meurt d’épuisement dans ces pays " nouvellement colonisés " avec le consentement de leurs dirigeants et pour leur profit exclusivement personnel, pendant que dans nos pays on ferme des usines et on éteint des compétences, le silence, parfois une information laconique distillée dans l’indifférence générale, est flagrant mais tout aussi révoltant.
Je prie donc Dieu, en ce temps béni, pour que toutes les situations d’injustice, créées par les hommes eux-mêmes, touchant des vies et des terres de par le Monde, musulmanes ou pas, s’effacent au nom du bon sens et du bien commun de l’humanité. Répondre à une agression par une autre agression ne fait que répandre la haine sur plusieurs générations. On ne peut, en effet, sacrifier des vies sur l’autel des religions ou de l’économie, de quelque part que ce soit. Les hommes pas plus que les gouvernants ne doivent provoquer la terreur, ni se comporter en voyous et encore moins attiser la tentation de la corruption chez leurs semblables. Toutes les exactions se valent (profanations de tombe ; inscription injurieuse sur les édifices religieux ; meurtres et assassinats de religieux(ses)).
J’en appelle, même si je vis loin d’eux et de leurs destins tragiques, à la responsabilité de ces hommes de toutes les confessions ou d’aucune, pour qu’ils ne commettent pas des actes au préjudice de leur vie, au détriment des autres et finalement par mépris du don de la vie provenant du Créateur Unique des cieux et de la terre.
L’islam et son livre sacré, contiennent certes des passages, évoquant la confrontation avec les autres religions à l’instar de certains des préceptes de ces mêmes religions qui l’ont précédé, et qui en tout état de cause, appartiennent à un contexte d’époque. Contexte où ces croyants ont dû subir maintes persécutions et pratiquer dans le plus strict secret leur nouvelle foi proclamée.
Mais, seule l’intemporalité du Coran compte. Elle s’incarne notamment dans le fait que sont relatés des évènements antérieurs à la création humaine tout autant que ceux du moment de la révélation et tout le déroulement de l’histoire de l’humanité devant conduire jusqu’à la fin des temps. C’est à cela qu’il faut s’en tenir.
Comparer ou vouloir comparer une religion à une autre, dans le souci de dénigrer et de ne retenir que sa partie au lieu du Tout, c’est ouvrir la porte à la tentation du primat de l’une sur l’autre. En réalité, la foi est semblable au bonheur, en ce sens que c’est la résultante d’un chemin de croix ou de conquête spirituelle vécue en son for intérieur par chaque individu. On peut vouloir la partager, de même qu’on est en droit d’en discuter, mais au final chacun sait mieux que l’autre ce qu’il doit faire.
Aussi, l’objection qui consiste à nous faire croire que c’est une invention de l’homme pour dominer l’homme tombe d’elle-même, puisque selon les canons islamiques, nous devons obéissance et soumission qu’à Allah seul, le Créateur. Par souci de probité intellectuelle, il conviendrait plutôt d’aller chercher dans les soubassements de la psychologie, du marketing et de la communication et dans les idéologies politiques, la volonté d’asservissement apparente ou subliminale qui leur est consubstantielle. Quoiqu’il en soit, dans le cas des religions ou du reste, il est question d’adhésion dont le choix revient à l’individu en tant que tel, au nom de l’exercice de son libre-arbitre.
Sans avoir la connaissance de ces savants musulmans, et, sans intention de les jeter en pâture d’une Fatwah (terme improprement utilisé en l’occurrence, puisqu’en réalité il s’agit d’un simple avis juridique des docteurs de la Foi sur un sujet quelconque résultant d’un exercice de contrôle de conformité avec la pratique de l’islam), qui se proclament de la modernité et du renouveau, je leur dis qu’à trop abuser des comparaisons, comme la volonté d’y voir dans le Coran qu’un simple supermarché, on le ramène à l’état de marchandise, de ce fait on lui dénie toute sacralité. En réalité, on décèle dans cet exercice particulièrement maladroit, toute l’influence exercée par les lois du consumérisme et tout le danger de déviance de la foi vers le matérialisme ambiant.
A cette comparaison inopportune, je préférerais le terme de " source jaillissante " à laquelle on s’abreuverait selon l’état de notre soif, et dont on embrasse guère la totalité de la richesse, pour aussi bons croyants que nous pouvons l’être.
Enfin, nombreux sont les thèmes (les abeilles, les fourmis, etc.…) et nombreuses sont les histoires des peuplades disparues par péché d’orgueil auxquels le Coran fait référence et qui doivent sonner comme un Rappel aux musulmans à l’édification d’êtres sains, condition essentielle à l’établissement de relations humaines fécondes et durables.
Il nous appartient donc, en tant que musulmans de relever ce défi d’agir avec sagesse et clairvoyance, dans un souci permanent de paix avec soi-même et avec les autres et dans la ferveur d’une Foi revigorante, qui à elle seule constitue tout à la fois un bouclier et une lumière attachante pour qui a la chance d’y accéder. N’agissons pas sur la base de manipulation et de désinformation malsaines. Dans cette nouvelle ère que nous venons d’entamer sous le règne du vide et du chaos, j’ai pourtant la certitude, qu’il n’est pas loin ce jour où soufflera un vent de paix, sur le Monde entier, provenant des entrailles mêmes de cet Islam aujourd’hui tant décrié.
07:50 Publié dans Courrier des lecteurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Coran, Ramadan, Islam


























