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mardi, 08 avril 2008
Entrepreneuriat social
Muhammad Yunus, le père du microcrédit, plaide pour la création d'un statut d'entreprise sociale, plutôt que le développement de la responsabilité sociale au sein de chaque entreprise.
Ne serait-il pas plus efficace d'imposer à toutes les entreprises d'être plus «socialement responsables», de respecter certains critères dans leur gestion ?
Je ne crois pas. Ce concept de responsabilité sociale est parti d'un bon sentiment, mais c'est devenu un argument de communication, de promotion, d'image. On maximise le profit d'un côté, et on en consacre une toute petite partie à autre chose. Il est plus efficace de s'impliquer dans une coentreprise sociale. Là, on s'engage vraiment. Quand une entreprise finance un club de foot, pour plaire aux jeunes, elle ne prend pas de risque pour sa réputation. Quand Veolia s'engage à vendre de l'eau potable, de qualité Veolia, pour moins de 1,5 cent les 10 litres au Bangladesh, si elle fournit autre chose, c'est sa réputation professionnelle qui en pâtira. C'est un vrai engagement.
Faut-il créer un statut spécial pour ces «entreprises sociales» ?
Oui, cela me paraît très important. Il faut une régulation pour empêcher certains de détourner le système et de faire sous le nom de «business social» une activité tout à fait normale qui leur rapporte beaucoup d'argent. Et puis pourquoi une entreprise sociale n'aurait-elle pas des avantages fiscaux comme on en accorde aux associations, aux ONG ? Vous verrez qu'un jour ou l'autre, il y aura un indice des entreprises sociales, une rubrique leur sera consacrée dans le Wall Street Journal et des publications spécialisées existeront. Aujourd'hui, nous avons une quinzaine de «social businesses», mais je parie qu'il y en aura bientôt 500. Des ONG ont déjà des activités proches et pourraient les transformer. Cela intéresse beaucoup les gens. Regardez, HEC vient de créer une chaire sur ce thème. Si les dirigeants du privé s'y mettent, cela se développera très vite et très efficacement.
Le figaro
Est ce que cette dimension sociale ne fait pas partie aussi de la définition d'une économie islamique ? Ou faut-il d'abord se concentrer sur le financement des entreprises sans intérêts ?
09:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



























Commentaires
Enfin un musulman pour qui le mots "Social" ne fait pas peur. ça se fait vraiment rare de nos jours! ( c a méditer pour bcp qui se croit des nouveaux riches; moi je suis un ancien pauvre, c ça la difference.
Ecrit par : Momo | vendredi, 11 avril 2008
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