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mercredi, 15 février 2006
Caricatures
3ème billet sur le sujet...
Ci-dessous 3 réactions par divers acteurs musulmans :
• Discours de Moufti Ebrahim Dessaye sur islam-reunion.com
• Document de l'association psm-enligne.org repris par l'association solidr : Qui est notre prophète (pbsl) (fichier doc)
• Mail collectif envoyé par des mauriciens : Ne jamais se tromper d'ennemi (fichier doc)
07:00 Publié dans Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Islam, Mohammad, caricature




























Commentaires
Ces réactions sont intéressantes à analyser. Pas vraiment par rapport au pb des caricatures mais plutôt sur les différences de postionnement du discours
1/ l'article d'islam-reunion.com
Le point de départ est assez classique du discours religieux et pose la question : " Quelle est la façon sounnah de réagir à cette situation"
Une 1ère réponse est : "Si un musulman manque de respect à un Prophète d'Allah et profère des remarques dégradantes contre lui, une telle personne sort des frontières de l'Islam"
Mais ce qui parait moins évident c'est l'explication sur les limites de la liberté d'expression pour un non croyant. D'après la 1ère question on est en attente d'un verset ou d'un hadith qui illustrerait la manière sounnah de poser les pb "les limites de la liberté d'expression pour un non croyant et l'égalité entre citoyen"
Mais l'argumentation de cette action citoyenne ne vient pas des Sources ; elle se légitime tout simplement par l'autorité des oulémas
"Consultez les Oulamas et les personnalités responsables avant d'agir. Ne faites rien par soi-même. La Shoura et la consultation sont vitales dans une telle situation. "
Au delà de cette réponse qui a le mérite d'exister, il est intéressant de pointer les mutations du discours religieux. Il y a a la fois un côté théologique classique qui se fonde sur les Sources mais également une greffe d'un engagement citoyen qui lui a du mal a se fonder autrement que par l'autorité "naturelle" des oulémas.
2/
Le discours diffusé par l'association solidr est celui qui prend la plus de distance avec les caricatures. Il s'agit moins d'une réponse aux polémiques qu'une présentation de la vie du prophète et de l'islam en général. Pas d'appel au boycott et pas de discours sur la liberté d'expression juste un rappel de la visite du prophète à Taïf et de la manière dont il a réagit à la haine et aux violences physiques.
L'échange citoyen se veut plus un espoir fraternel de réconciliation future qu'une réponse juridique sur les principes.
Le message se focalise sur l'analogie avec la période mecquoise de la vie du prophète (pbsl)
Mais si effectivement depuis le 11/09/01 la perception de l'islam s'est dégradée jusqu'à l'émergence d'une islamophobisation des esprits il faut aussi garder certaines distances. A La Mecque il s'agissait des persécutions qui pouvaient êtres mortelles alors qu'il s'agit aujourd'hui de provocations grossière et de restriction de certaines libertés (restrictions qui se concentrent sur les musulmans mais qui touchent également les populations occidentales dans leur ensemble)
3/
Le discours mauricien est quant à lui le plus géopolitique et le plus "citoyen"
Il est question de l'iran, de l'irak et en filigrane du choc des civilisations
Mais si la provocation est clairement dénoncé la réponse n'est pas du tout celle de PSM. Il s'agit de trouver une voie médiane entre ne pas céder aux réponses violentes et ne pas se taire. C'est à dire une sorte "d'occupation du terrain et du discours sur l'islam en imposant d'autres priorités au débat actuel de la société
"lutter contre une culture de violence qui s'installe dans la société, à redonner à l'éducation ses valeurs, et à la solidarité sa place à l'heure où la compétition revient dans le système national, à arrêter la propagation du SIDA et de toutes les drogues allant de la cigarette à l'héroïne en passant par l'alcool et à lancer un vrai jihad contre la pauvreté.."
Mais alors que le document s'intitule "Ne jamais se tromper d'ennemi" il est assez flagrant de voir très peu de distance avec les pays ou les manifestations ont été les violentes Syrie et Iran.
Que des manifestations de cette nature puissent se dérouler à Damas sans l'aval de l'état paraît peu probable ; mais que le parti baath défende de manière sincère l'honneur de l'islam paraît encore plus surprenant ...
Ecrit par : mohammad | samedi, 18 février 2006
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