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vendredi, 24 février 2006
Généalogie de l'islamisme
Cet ouvrage publié pour la première fois en 1995 est très éclairant sur les sources idéologiques et les premiers mouvements qui se réclament de l'islamisme. Il s'agit néanmoins d'une introduction au sujet (une centaine de pages) qui se focalise sur l'essentiel et peut engendrer certaines frustrations sur des points précis non traités. La description du monde chiite est intéressante car c'est un espace que la majorité sunnite occulte facilement
CONTEXTE
L'édition de 2001, post 11 septembre, comprend une préface actualisée dans laquelle l'auteur apporte quelques précisions sur les nouvelles formes de violence. Mais l'ouvrage en lui-même ne mentionne pas Ben Laden. En ce sens il n'a pas su anticiper, comme d'ailleurs l'ensemble des spécialistes de l'islamisme, que les néo-fondamentalistes qu'il identifie pourtant, auraient un tel retentissement sur le monde.
On n'aura donc moins une réponse au pourquoi Ben Laden qu'une analyse historique des mouvements islamistes 'classiques', de leur idéologies, de leurs contradictions et de leurs avatars.
CONTEXTE
L'édition de 2001, post 11 septembre, comprend une préface actualisée dans laquelle l'auteur apporte quelques précisions sur les nouvelles formes de violence. Mais l'ouvrage en lui-même ne mentionne pas Ben Laden. En ce sens il n'a pas su anticiper, comme d'ailleurs l'ensemble des spécialistes de l'islamisme, que les néo-fondamentalistes qu'il identifie pourtant, auraient un tel retentissement sur le monde.
On n'aura donc moins une réponse au pourquoi Ben Laden qu'une analyse historique des mouvements islamistes 'classiques', de leur idéologies, de leurs contradictions et de leurs avatars.
FORCES
- Retrace l'historique des mouvements et idéologies islamistes
- Montre l'opposition entre islamistes et traditionalistes
- Décrit l'idéologie islamiste, ses contradictions et ses faiblesses.
- Montre à quel point la pensée islamiste sunnite est restée abstraite et dans une certaine mesure amateure (le Coran est notre constitution) par rapport à l'idéologie chiite
- Mets en évidence les étapes qui ont favorisé la radicalisation de ces mouvements
- Mets en lumière la dichotomie persistante entre sunnisme et chiisme
FAIBLESSES
- Peu d'informations sur le pourquoi de la genèse de l'islamisme (le fait colonial dans le monde musulman, la sclérose de la pensée, le poids des traditionalismes, l'empire ottoman,…)
- Le tabligh me parait mal positionné sur plusieurs plans. C'est en effet un mouvement de prédication apolitique dont la force a été une surprenante constance en matière idéologique par rapport aux autres mouvements (pas de déviances). Il s'agit d'un mouvement traditionaliste. Il constitue pour moi une vraie spécificité qu'OR cherche à inclure de manière un peu arbitraire à sa démonstration
- On regrette qu'à part Ibn Taymiyya, il n'y ait pas mention des oulémas pris pour références par les salafistes actuels tel Ben Baz ou Al Albani
- On aurait aimé quelques mots sur le fait que Maududi et Al Banna arrivent aux mêmes conclusions alors que leur environnement est très différent. (Maududi vivait dans un pays où les musulmans étaient minoritaires et il s'opposa même à la partition de l'Inde et du Pakistan)
EXTRAITS
Mais cette démarche [de retour aux textes fondateurs] est ambiguë, dans le sens où elle peut soit favoriser un conservatisme extrême, sans poser la question de la légitimité du pouvoir politique (c'est le modèle saoudien contemporain), soit conduire à un réexamen critique de tout le corpus véhiculé par la tradition, en posant les bases pour la refondation d'un nouvel ordre social et politique : c'est le modèle de la révolution islamique d'Iran à ses débuts – p29
L'étude des mouvements islamistes montre qu'ils sont des avatars de la modernisation des sociétés musulmanes et qu'ils représentent non seulement une adaptation à la modernité, mais même une forme d'intériorisation de cette modernité – p115
L'AUTEUR
Olivier Roy est chercheur au CNRS et spécialiste de l'Asie centrale et de l'Islam politique. Il a publié en 1992 L'échec de l'Islam politique, thèse qui a ensuite été reprise par Gilles Kepel.
- Retrace l'historique des mouvements et idéologies islamistes
- Montre l'opposition entre islamistes et traditionalistes
- Décrit l'idéologie islamiste, ses contradictions et ses faiblesses.
- Montre à quel point la pensée islamiste sunnite est restée abstraite et dans une certaine mesure amateure (le Coran est notre constitution) par rapport à l'idéologie chiite
- Mets en évidence les étapes qui ont favorisé la radicalisation de ces mouvements
- Mets en lumière la dichotomie persistante entre sunnisme et chiisme
FAIBLESSES
- Peu d'informations sur le pourquoi de la genèse de l'islamisme (le fait colonial dans le monde musulman, la sclérose de la pensée, le poids des traditionalismes, l'empire ottoman,…)
- Le tabligh me parait mal positionné sur plusieurs plans. C'est en effet un mouvement de prédication apolitique dont la force a été une surprenante constance en matière idéologique par rapport aux autres mouvements (pas de déviances). Il s'agit d'un mouvement traditionaliste. Il constitue pour moi une vraie spécificité qu'OR cherche à inclure de manière un peu arbitraire à sa démonstration
- On regrette qu'à part Ibn Taymiyya, il n'y ait pas mention des oulémas pris pour références par les salafistes actuels tel Ben Baz ou Al Albani
- On aurait aimé quelques mots sur le fait que Maududi et Al Banna arrivent aux mêmes conclusions alors que leur environnement est très différent. (Maududi vivait dans un pays où les musulmans étaient minoritaires et il s'opposa même à la partition de l'Inde et du Pakistan)
EXTRAITS
Mais cette démarche [de retour aux textes fondateurs] est ambiguë, dans le sens où elle peut soit favoriser un conservatisme extrême, sans poser la question de la légitimité du pouvoir politique (c'est le modèle saoudien contemporain), soit conduire à un réexamen critique de tout le corpus véhiculé par la tradition, en posant les bases pour la refondation d'un nouvel ordre social et politique : c'est le modèle de la révolution islamique d'Iran à ses débuts – p29
L'étude des mouvements islamistes montre qu'ils sont des avatars de la modernisation des sociétés musulmanes et qu'ils représentent non seulement une adaptation à la modernité, mais même une forme d'intériorisation de cette modernité – p115
L'AUTEUR
Olivier Roy est chercheur au CNRS et spécialiste de l'Asie centrale et de l'Islam politique. Il a publié en 1992 L'échec de l'Islam politique, thèse qui a ensuite été reprise par Gilles Kepel.
07:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Islam, islamisme, Olivier Roy




























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