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lundi, 05 septembre 2005
Le chemin de la Mecque - Muhammad Asad
Cheminement géopolitique tout d'abord de cet homme qui vivra au coeur de l'édification du royaume Saoudien aux côtés d'Abdel Aziz Ibn Saoud. Et au delà de l'Arabie, ce sont les secousses du Moyen-Orient de ce début de siècle dont il sera à la fois un acteur et un analyste privilégié.
Mais c'est aussi l'histoire du cheminement spirituel d'un homme qui s'interroge sur le sens de sa vie et sur sa place dans ce monde. Cette recherche permanente, ce chemin vers la source, il va le suivre toute sa vie en s'abreuvant de la diversité du monde ; mais sans pour autant obtenir de réponse définitive à sa quête...
En tant qu'occidentaux on a tendance parfois à se focaliser sur l'aspect spirituel de sa démarche au fil des ses rencontres dans un désert un peu fantasmatique. Mais finalement c'est l'alternance entre sa recherche personnelle et son implication active dans les bouleversements du début du siècle qui donne aujourd'hui encore toute sa force à ce récit ; cette essai de conciliation entre action et contemplation, entre matériel et spirituel.
Ce livre est d'autant plus pertinent qu'il s'agit du regard d'un croyant ayant vécu dans un environnement matérialiste qui va jeter un oeil neuf, lucide et pas toujours apologétique sur le Moyen-Orient et l'Islam.
A lire absolument !
EXTRAITS
Toutes ces années englouties maintenant reviennent à la surface, dévoilent à nouveau leur visages ; leurs voix multiples m'appellent. Tu n'as jamais rien fait d'autre que de cheminer, me dis-je à moi-même ... Pourquoi cette vie que j'ai moi-même choisie ne me satisfait-elle pas pleinement ? - P49
Je voyais que son Dieu n'était plus d'ordre spirituel : il s'appellait le Comfort. L'européen moyen semblait ne connaître qu'une seule foi positive : le culte du progrès matériel... - P70
Le sens spirituel du wahhabisme - aspiration à un renouveau intérieur de la société musulmane - commença à se corrompre presque au moment même où son objectif extérieur - instauration du pouvoir social et politique - étaient atteint avec l'établissement du royaume saoudien - P150
A propos du Dajjal
"Cette parabole, ô cheikh, n'est elle pas une description adéquate la civilisation technique moderne ? Elle est "borgne", ce qui signifie qu'elle ne voit qu'un aspect de la vie, le progres matériel, et ignore son aspect spirituel. A l'aide de ses merveilles mécaniques, elle rend l'homme capable de voir et d'entendre bien au-delà de sa capacité naturelle et de couvrir des distances illimitées à des vitesses inconcevables. Ses moyens scientifiques peuvent "faire tomber la pluie et croître les plantes", de même qu'ils découvrent des trésors insoupçonnés sous la surface du sol. Sa médecine rend la vie à ceux qui paraissent condamnés à mort, alors que ses guerres avec leurs horreurs scientifiques détruisent la vie. Et son développement matériel et si puissant et si éblouissant que ceux dont la foi est faible se mettent à croire qu'il y a une divinité en elle. Mais ceux qui ont gardé la conscience de leur Créateur reconnaissent clairement que l'adoration du Dajjal équivaut à la négation de Dieu..." - P268
L'AUTEUR
Léopold Weiss est un juif allemand qui commença une brillante carrière de journaliste. A la faveur de nombreux voyages, il entre en contact avec le monde arabe et sa civilisation. Ce sera pour lui un choc qui l'amèneront à s'impliquer dans la construction du Royaume Soudien mais aussi à être ministre et ambassadeur du jeune état pakistanais. Convertit à l'islam en 1926 il se consacrera à la fin de sa vie à une traduction du Coran en anglais.
21:05 Publié dans Livre, Religion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Islam, Moyen-Orient, Makkah, Mecque, Arabie Saoudite




























Commentaires
Un autre petit passage tout aussi empli de sagesse :
"Dites-moi, cheikh Mustafa, demandai-je un jour à mon savant ami Al-Maraghi, pourquoi devrait-il être nécessaire de se limiter soi-même à tel enseignement et à tel ensemble de prescriptions ? Ne serait-il pas préférable de confier toute inspiration éthique à sa propre voix intérieure ?
– (...) La réponse est simple. Très peu nombreux - les prophètes seulement - sont les hommes réellement capables de comprendre la voix intérieure qui parle en eux. Nous sommes pour la plupart soumis à nos intérêts et désirs personnels, et si chacun devait suivre ce qu'il croit entendre de son propre cœur, ce serait un chaos moral complet, et nous ne pourrions jamais nous mettre d'accord sur une règle de comportement quelconque. Tu peux, bien sûr, demander s'il n'y a pas des exceptions, comme celles de personnalités éclairées qui sentent qu'elles n'ont pas besoin d'être "guidées" dans le choix du bien et du mal. Mais alors, je te le demande, ne verrait-on pas de très nombreuses personnes revendiquer ce droit exceptionnel pour elles-mêmes ? Et quel en serait le résultat ?" (Le Chemin de la Mecque, pp. 179-180).
Ecrit par : Abdoullah | dimanche, 25 septembre 2005
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