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jeudi, 25 août 2005
Lorsque Le Monde "pleure" le départ des colons
L’évacuation des colons de Gaza suscite indignation et dégoût. Indignation chez les colons récalcitrants à se conformer au droit international ; dégoût pour ceux qui longtemps ont soutenu ce même droit et qui constatent encore une fois l’hypocrisie de la classe politique israélienne et de la communauté internationale dans son ensemble.
Les colons "invités" à se retirer d’une terre qu’ils occupent dans l’illégalité la plus totale et dans l’impunité la plus complète font l’objet des attentions les plus particulières. Relogements prévus, indemnités accordées, compréhension de la part des soldats chargés de l’évacuation, l’opération "main tendue à nos frères" se veut une action douce, compréhensive et humaine. Inutile de rappeler que ces mêmes soldats n’hésitent pas à démolir avec armes et bulldozers des milliers de maisons palestiniennes. Au cours des trois dernières années, plus de 1200 maisons palestiniennes ont été détruites dans la seule bande de Gaza.
Mais cette politique n’est pas nouvelle de la part d’un Etat habitué à violer les règles du droit international pour venir à bout de sa stratégie d’occupation. Ce qui suscite néanmoins le dégoût, c’est la teneur de la couverture médiatique accordée à cet événement. L’évacuation de Gaza, loin de rappeler l’obligation qu’a Israël de se retirer des territoires occupés depuis 1967, se transforme en une compassion pour la douleur des colons. Encore une fois les bourreaux deviennent victimes. Et encore une fois, les medias privilégient la quête de l’émotion plutôt que la recherche objective.
Lorsque la télévision ou la presse israéliennes rapportent les témoignages de ces familles, étoiles jaunes cousues sur leurs vêtements, traitant les soldats de "nazis", on ne peut que sourire à cette mise en scène burlesque du ghetto de Varsovie. Et on ne peut que s’attrister devant cette basse instrumentalisation d’un grand drame de l’histoire contemporaine. La dialectique reste la même, les victimes deviennent bourreaux et les bourreaux victimes.
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22:45 Publié dans Courrier des lecteurs, International | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Israël, Palestine, Proche-Orient, Gaza




























Commentaires
Voilà une analyse pertinente d'une nouvelle - last but not least unfortnunately - grossière erreur des médias. Rivés sur le sensationnel à outrage, les journalistes eux-mêmes (pas seulement les directives éditoriales) oublient de rappeler les faits, la chronologie, l'histoire. Quel espoir effectivement, si les grands quotidiens tombent dans ce piège, puisqu'il n'y a plus aucun espoir à attendre de la presse télévisée ?!? Heureusement que certaines femmes et certains hommes de conscience restent encore vigilants. Merci pour ces rappels nécessaires Farah.
Ecrit par : Shami | vendredi, 26 août 2005
Je vous conseille également le livre "le culte de l'émotion" qui apporte un éclairage particulièrement approprié à cet évènement sans pour autant se focaliser uniquement sur les médias.
"En privilégiant l’émotion-choc au détriment de l’émotion-contemplation, l’homme s’isole à la fois des autres et de sa propre richesse intérieure. Il s’excite mais ne s’émeut plus, ne laisse aucune émotion durable se déposer en lui et sédimenter pour enrichir son expérience du monde. Plus grave : en pliant le monde à sa quête des émotions, l’homme perd son humilité et sa capacité à admirer ce qui l'entoure"
Ecrit par : CyouX | vendredi, 26 août 2005
Oui,
quand on démolit à coups de bulldozers ou qu'on fait sauter les maisons palestiniennes, les palestiniens n'ont pas intérêt à résister.
Quand il s'agit des leurs, les policiers israéliens peuvent bien se faire asperger d'acide, on laisse les colons "résister courageusement" à l'expulsion.
Deux poids, deux mesures, pour ne pas changer.
Salam
Nazir
Ecrit par : Nazir | samedi, 27 août 2005
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